Dialoguer autour de Laudato Si’

Cet outil est destiné à soutenir la lecture et permettre l’approfondissement de l’encyclique Laudato si’ en petits groupes (minimum 6 personnes, maximum 12).

Il est essentiellement destiné à la personne qui assure l’animation du groupe. Les autres membres peuvent mais ne doivent pas nécessairement en disposer.

Méthodologie

Voici quelques indications méthodologiques et balises qui permettront à chacun.e de pleinement profiter du parcours.

Le rôle de l’animateur

L’animateur ne doit pas être un spécialiste de l’écologie, ni avoir une expertise particulière sur le contenu de Laudato si’. La perspective est autre. Les questions abordées dans Laudato si’ touchent tout le monde dans son quotidien, et chacun.e est expert.e de son quotidien. Chacun.e a donc quelque chose à partager qui pourra faire écho chez quelqu’un d’autre, ou offrir un point de vue nouveau qui permettra d’avancer.
Cela dit, il est sans doute bon que l’animateur ait préalablement lu l’encyclique pour en avoir une vue d’ensemble.
Par ailleurs, il est important que l’animateur ait l’habitude d’animer une réunion. Il/elle devra pouvoir accueillir les personnes, distribuer la parole, rappeler les balises du fonctionnement, veiller au timing. Il/elle est au service du cheminement de chacun.e. Il/elle veille également à la convivialité du cadre (en offrant à boire par exemple, et en soignant la disposition des lieux).

La manière de faire

Un parcours en huit réunions

Le parcours proposé s’étale sur huit réunions, d’une durée d’environ deux heures chacune (à titre indicatif). Laisser passer un mois entre chaque réunion semble être fécond : cela offre le temps de digérer la réunion précédente, et le temps de se préparer à la suivante. Pour se préparer aux réunions, l’animateur envoie la « fiche » de préparation deux semaines à l’avance (en la téléchargeant sur www.centreavec.be ou en la photocopiant à partir de ce livret). Chacun prend le temps de lire chez lui les paragraphes de Laudato si’ proposés, de les méditer et de réfléchir sur la base des questions ou des vidéos suggérées. Le mieux est d’étaler la préparation sur plusieurs jours, pour que les choses murissent. Chacun.e prépare ce qu’il va dire lors de la réunion. Il n’est pas nécessaire que chacun.e réponde à toutes les questions, ni partage l’ensemble de sa réflexion, mais l’un ou l’autre élément qui semble faire sens.

Les « deux tours »

En réunion, on procède à deux tours de parole. Seul le premier tour est préparé à l’avance : chacun.e partage ce qu’il a décidé de partager et on s’écoute sans s’interrompre. Après un moment de silence (qui permet de laisser résonner en soi ce qui a été exprimé), le deuxième tour permet à chacun.e de relever l’un ou l’autre élément entendu lors du premier tour : quelque chose qui l’aide à avancer, un élément interpellant, quelque chose qui provoque une tension, etc. Là aussi, on s’écoute sans s’interrompre.
Un court moment de prière (préparé par un membre du groupe, à tour de rôle) au début de la réunion peut aider à faire la transition entre l’agitation du dehors et le groupe de lecture, et à se rappeler pour quoi on est là.

«  Sentir et goûter les choses intérieurement »

Les réunions sont un lieu de dialogue, et non de débat intellectuel. Cela ne veut pas dire que tout le monde doit être d’accord avec ce qui est dit, ni que l’on doive trouver un consensus, ni que l’on ne réfléchisse pas avec son intellect. Il s’agit plutôt de l’attitude, de la disposition intérieure avec laquelle chacun.e se prépare aux réunions et prend part à celles-ci : nous ne sommes pas là pour convaincre les autres avec des arguments de type intellectuel, ni pour développer une expertise sur Laudato si’. L’objectif est plutôt de se laisser d’abord travailler intérieurement. Ce que dit Saint Ignace au début de ses « Exercices spirituels » peut inspirer : « Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui rassasie et satisfait l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement » (n°2). Lors des réunions, chacun.e est là pour partager le « goût intérieur » qu’il ou elle a après s’être préparé.e. Pour le dialogue, cela veut dire que chacun.e vient avec un « cœur large et généreux » (Saint Ignace, au début des Exercices spirituels, n°5), ouvert à être conduit sur de nouveaux chemins par ce que les autres partagent, avec la confiance que les autres ont aussi ce « cœur large et généreux »,
et que le partage de sa propre expérience, de son « goût intérieur »,
peut aider les autres à cheminer.
Deux indications méthodologiques peuvent aider : les « deux tours », et le fait que chacun arrive en ayant préparé ce qu’il ou elle dira au premier tour (cela évite, au premier tour, de « rebondir » sur ce que les autres ont dit – ce qui est l’objet du deuxième tour).

Un travail par thème

Dans Laudato si’, chaque chapitre est comme une porte d’entrée qui ouvre le sujet de l’écologie d’une façon particulière. En même temps, l’encyclique est traversée par des thèmes transversaux, qui sont enrichis au fur et à mesure que se déroule la lettre. Pour cet outil de dialogue, nous avons privilégié le travail par thème plutôt que par chapitre. Il ne s’agit donc pas d’une lecture continue de l’encyclique, chapitre par chapitre. Les participants n’auront pas lu l’encyclique dans son entièreté à la fin du parcours, mais auront approfondi les grandes questions qui la traversent, et auront peut-être le goût de la lire de part en part.

La structure de Laudato Si'
En annexe (voir plus bas) se trouve un document présentant la structure de l’encyclique. Étant donné que le parcours de lecture se fait par thème et non par chapitre, il est judicieux qu’à la fin de la deuxième réunion, l’animateur présente ou distribue ce document, pour que chacun.e ait une idée de la dynamique de Laudato si’.

A propos de la réunion 7
La septième réunion est consacrée à « l’amour civil et politique ».
Si vous en avez l’occasion, vous pouvez inviter une personne engagée en politique à témoigner : que pense-t-elle de la façon d’envisager l’engagement en politique proposée dans Laudato si’ ? Si vous mettez sur pied une telle rencontre, c’est peut-être l’occasion d’élargir le groupe et d’inviter d’autres personnes (en veillant à ne pas être trop nombreux, pour que le dialogue reste possible, et en veillant à rester dans le cadre d’un témoignage : la personne invitée n’est pas en campagne électorale).

A propos de la réunion 8A
La dernière réunion est essentielle : elle permet de recueillir les fruits du parcours, de « regarder dans le rétroviseur » pour voir le chemin parcouru. C’est aussi l’occasion de se poser la question : et maintenant, que fait-on ?

La Websérie Clamaures A
Le CERAS, centre de recherche et d’action sociale des jésuites français, a réalisé une excellente websérie « habitée par Laudato si’ ». Clameurs propose de courtes vidéos présentant des éclairages de spécialistes sur des questions importantes abordées dans l’encyclique, mais également des témoignages de personnes laissées aux périphéries de notre maison commune, ainsi que des initiatives menées au près ou au loin. Voir www.clameurs-lawebserie.fr/.

Nos fiches suggèrent de visionner plusieurs vidéos de Clameurs. En notes sont indiqués le thème (par exemple « Notre relation à la création ») ainsi que l’intitulé de la vidéo à regarder (par exemple
« L’éclairage »).

Toutes les fiches à télécharger en suivant le lien : https://www.centreavec.be/publication/dialoguer-autour-de-laudato-si/

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