« La réalité et les défis de la famille »

Dans le chapitre 2 d’Amoris Laetitia, le pape François reprend les observations recueillies lors des deux synodes sur la famille et y ajoute « d’autres préoccupations qui proviennent de mon regard personnel. » (AL31).

Cette longue présentation, au-delà de l’intérêt qu’elle présente pour notre connaissance de la situation actuelle de la famille et de ses défis, a pour but de « réveiller une créativité missionnaire » (AL57).

AL36 : « Nous avons présenté un idéal théologique du mariage trop abstrait, presque artificiellement construit, loin de la situation concrète et des possibilités effectives des familles réelles. »

Le terme « idéal » prend ici un sens négatif qui peut-être déroutant. Quel est donc cet idéal du mariage trop abstrait? En fait, le pape ne remet pas en question l’idéal du mariage et, au paragraphe précédent, il rappelle que « entant que chrétiens nous ne pouvons pas renoncer à proposer le mariage. » (AL35). Ce qu’il remet en question, ce sont les pratiques pastorales qui le présentent comme un idéal abstrait, un idéal éloigné de la vie de l’homme.

Ces propos du pape invitent à nous interroger sur nos pratiques pastorales lors des accompagnements en catéchuménat : celles-ci prennent-elles suffisamment en compte la vie des personnes accompagnées ? Acceptons-nous de nous défaire de nos automatismes pastoraux pour, d’abord, écouter et rejoindre chaque personne dans ce qu’elle est ? Faisons-nous preuve, pour chacun et pour nous, de «créativité missionnaire» (AL57) ?

AL 37 : « Nous avons cru qu’en insistant seulement sur des questions doctrinales, bioéthiques et morales, sans encourager l’ouverture à la grâce, nous soutenions déjà suffisamment les familles, consolidions le lien des époux et donnions sens à leur vie commune. Nous avons du mal à présenter le mariage davantage comme un parcours dynamique de développement et d’épanouissement, que comme un poids à supporter toute sa vie. »

Cette question du pape rejoint tout accompagnement vers les sacrements. Le pape souligne l’importance du travail continu de la grâce dans l’accompagnement et la vie sacramentelle. Qu’est-ce qui me rejoint dans cette insistance du pape? En quoi celle-ci m’interpelle, me réconforte, me donne d’avancer dans ma manière d’accompagner vers les sacrements ?

AL 37 : « Nous sommes appelés à former les consciences, mais non à prétendre nous substituer à elles. »

Cette phrase peut résonner comme un reproche. Mais l’enjeu est sans doute autre. N’est-ce pas l’occasion de faire une relecture de nos pratiques pastorales afin de mieux accompagner chacun vers la liberté qu’offre le Christ ?

Véronique Charron

Catéchèse et catéchuménat

 

Le texte dans son intégralité :  L'exhortation apostolique post synodale Amoris Laetitia du Saint-Père François

 

 

 

 

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