Penser, croire et agir avec les pauvres : Etape 1 - Quelles conditions ?

Le colloque de la Fondation Jean Rodhain s’est tenu à Lourdes du 13 au 15 novembre 2015. Les actes de ce colloque ont été intégralement publiés aux éditions de l’Atelier, sous le titre « Penser, croire et agir avec les pauvres ». En s’appuyant sur les pistes énoncées au cours du colloque, Bernard Stéphan, le responsable de la rédaction des Cahiers de l’Atelier, nous propose une méthode en quatre étapes, pour passer « du pourquoi au comment ».

 

Première étape

A quelles conditions l’expérience des pauvres peut-elle être recueillie ?

Pour éclairer cette question, on peut lire l’article de Jean-Yves Baziou sur l’histoire de l’éducation populaire. On découvrira que c’est au milieu du XIXème siècle que les conditions de vie et de travail des pauvres font l’objet de l’attention de ceux qui vont fonder et développer l’éducation populaire et l’éducation ouvrière.

On peut ensuite se plonger dans l’article de Jean-Claude Caillaux qui décrit avec une grande précision sa participation au groupe « Place et parole des pauvres » dans la perspective du rassemblement Diaconia. Il montre l’enjeu de laisser de la place à l’inattendu de ces paroles d’où surgit une pensée, un inouï qui ne serait jamais survenu si les balises des rencontres avaient été posées de façon trop rectiligne. « Les pauvres, affirme-t-il, ne sont pas d’abord une opportunité pour la pensée des autres, ils sont les auteurs d’une pensée. »

On peut prolonger cette pensée en lisant ensuite l’article de Patrick Brun qui, en partant de l’expérience du croisement des savoirs et des pratiques, insiste sur le respect de l’autonomie de la parole des pauvres, la parité des échanges quand d’autres personnes d’autres milieux sociaux interviennent et la nécessité d’aider les pauvres à « aller jusqu’au bout de leur pensée » ainsi que de veiller à la formulation des accords et désaccords « sous la forme d’une co-écriture. »

Recueillir la parole des pauvres nécessite parfois de l’écrire. C’est ce que Maryvonne Caillaux décrit quand elle raconte la façon dont elle a mis des mots sur l’histoire de Germaine, une enfant afro-américaine de la Nouvelle Orléans. Elle ne cache pas que la confrontation à la réalité de la pauvreté est éprouvante : « Il faut du temps pour s’accoutumer à l’obscurité et pour distinguer autre chose que le noir. » « Ma seule boussole, écrit Maryvonne Caillaux, était de révéler la part lumineuse et intacte que j’avais trouvée au cœur du chaos de cette famille. »

 

Crédits Photos : © Public Domain

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