COVID- 19 : accompagner les personnes en difficulté

Des chrétiens de la région lyonnaise se sont réunis pour proposer des solutions simples aux personnes sans-abri, isolées et migrantes

 

Le confinement a entraîné la suspension d’un grand nombre de dispositifs destinés à accompagner les personnes fragiles. Des chrétiens de la région lyonnaise se sont réunis pour proposer des solutions simples aux personnes sans-abri, isolées et migrantes. Des actions peu coûteuses qui leur rappellent qu’elles sont aimées… Premier pas pour se relever ! En voici trois exemples.

Lyon 6e : cafés et repas servis aux sans-abris 

6h30, samedi matin ! Trois équipes de paroissiens de Saint-Pothin, à Lyon 6e :

elles préparent leur thermos de café. 7h15, les voilà dans les rues pour aller à la rencontre des personnes qui dorment dans la rue. Chaque binôme rencontre de 20 à 50 personnes sans-abri, selon les jours. « Tous ne sont pas nécessairement des personnes désinsérées, qui vont passer leur journée à faire la manche, précise Alban Imberti, bénévole responsable des maraudes de la paroisse. Certains sont des travailleurs pauvres et d’autres encore perçoivent le RSA ». 
Anne Denavit, avec d’autres paroissiens, organise depuis quelques années des repas festifs pour les personnes de la rue. Les circonstances du confinement ont conduit naturellement à passer à un rythme hebdomadaire. Ce service est très apprécié des personnes sans-abri. « Nous avons mis en place, à partir du dimanche de Pâques, des paniers-repas à l’extérieur de l’église, pour respecter les gestes barrières exigés par le confinement. Quelques équipes partent en maraude auprès des personnes qui ne se déplaceraient pas jusqu’à nous », précise Anne Denavit. 

Le curé de la paroisse Saint-Pothin-Immaculée Conception, le père Patrice Guerre, qui a encouragé ces initiatives prises par ses paroissiens, indique que le café, le croissant ou le sandwich représentent surtout un prétexte. « Cette nourriture-là n’est au fond pas l’essentiel pour eux. Ils sont davantage désireux d’entrer en contact avec les bénévoles, de se sentir regardés et respectés ». 

30 futurs prêtres à l’écoute des personnes fragiles et isolées 

« Depuis une quinzaine de jours, nous constatons une hausse des appels au service d’écoute de Chrétiens à l’écoute. La trentaine de séminaristes de notre diocèse avait proposé son aide à l’association d’écoute téléphonique dès le début du confinement », explique le père Grégoire Kornprobst, directeur du séminaire Saint-Irénée, au sein duquel une trentaine de jeunes hommes se forment pour devenir prêtres. Chrétiens à l’écoute est une association qui assure des permanences d’écoute de 12h à 24h, chaque jour, au 04 78 81 48 88. Chaque séminariste assure une permanence d’une heure par semaine. « Après la crise sanitaire, nous ajouterons peut-être ce service de bénévolat aux jeunes que nous préparons à devenir prêtres, parmi les différentes missions de service qu’ils doivent assurer au cours de leur formation », précise le père Grégoire Kornprobst. 

L’ACCLAM regroupe 45 associations locales qui aident des familles de migrants

« 120 familles de migrants sont actuellement épaulées par des bénévoles issus de paroisses, d’église protestante ou anglicane et aussi de non-croyants. Ils sont regroupés au sein de 45 associations réparties dans le Rhône et le Roannais », indique Jean-Pierre Berthet, diacre et président de l’ACLAAM. « Notre rôle est de faire le lien entre tous ces acteurs, de leur proposer des formations et de leur apporter notre soutien et notre expertise en matière d’intermédiation locative, de recours devant les tribunaux… ». L’association propose aussi des cours de français et des temps de rencontre entre associations, pour favoriser l’échange d’informations, de pratiques et de savoir-faire.

Villeurbanne : SMAM dénoue les problèmes des familles qui frappent à leur porte

Sainte-Madeleine Accueil Migrants est une association qui a déjà accompagné de nombreuses familles, originaires notamment de Syrie, d’Irak, de République démocratique du Congo. Ses membres ont désormais une solide expérience des rouages administratifs : ils ont permis aux parents d’obtenir des papiers et de trouver un travail et à leurs enfants de faire de bonnes études. « L’association, qui peut compter notamment sur le soutien de nombreux paroissiens de Villeurbanne, a déjà réussi à obtenir suffisamment de dons pour payer le logement de familles en grand dénuement, en attendant de trouver une situation pérenne », précise Jean Chapuis, trésorier de l’association.

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