Emploi : accompagnement des jeunes les plus fragiles

30/06/2020

Pour faciliter l’insertion des jeunes vers l’emploi, Apprentis d’Auteuil a élaboré des programmes spécifiques pour les 16-30 ans.  Zoom sur les dispositifs Pro’Pulse et Skola qui allient formation et accompagnement individuel.

 

 

Les jeunes de moins de 25 ans seront-ils les principales victimes de la crise économique qui a suivi la crise sanitaire ? Oui si l’on en croit le dernier rapport de l’Organisation internationale du travail.

Sur les 620 000 emplois détruits en France pendant le confinement (source OFCE), plus de la moitié sont des contrats à durée déterminée (CDD) et des contrats d’intérim où les jeunes sont surreprésentés.

D’autant que le chômage touche en priorité les jeunes les moins qualifiés. Début 2020, le taux de chômage des actifs âgés de 15 à 24 ans culminait déjà à 32,6 % pour les jeunes n’ayant pas le bac, contre 19, 2% pour ceux étant sortis du lycée un diplôme en poche, et 11, 5 % pour ceux passés par l’enseignement supérieur (source Eurostat). Pour faciliter l’insertion des jeunes dans le monde de l’entreprise, Apprentis d’Auteuil a créé plusieurs dispositifs adaptés à ces populations fragiles.

Le dispositif Pro’Pulse est une prépa d’un nouveau genre. Une prépa à l’apprentissage pour des jeunes décrocheurs ou en recherche d’emploi qui souhaitent décrocher un diplôme. « La formation Pro’Pulse peut aller de 2 à 10 mois en fonction des besoins du jeune, précise Rudy Parmentier, formateur à l’UFA Saint-Roch (82). Pendant cette période, nous travaillons à la fois les savoirs de base (français, maths, anglais…) et les savoir-être en entreprise pour permettre aux jeunes de préparer un CAP en apprentissage et d’y rester. »
Car au-delà de la difficulté de trouver une entreprise susceptible de prendre un apprenti, le plus dur pour les jeunes est de pouvoir suivre le rythme. « L’alternance entre la formation au lycée et en entreprise se fait à un rythme soutenu, précise Allula Issad, coordinatrice Pro’Pulse à Thiais (94). Les jeunes ont beaucoup de choses à apprendre, des responsabilités à assumer, un budget à gérer avec leur statut de salarié. Sans compter qu’ils n’ont plus de vacances scolaires comme lorsqu’ils étaient à l’école et que la plupart n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise en dehors de leur stage de 3ème. » Le choc peut donc être violent et conduire certains jeunes à jeter l’éponge avant la fin de leur contrat d’apprentissage. Près de 30 % des contrats d’apprentissage sont ainsi rompus chaque année (source DARES).

Prévenir les ruptures

« Le but de Pro’Pulse est donc de prévenir ces ruptures en préparant au mieux les jeunes à ce qui les attend, en les suivant en entreprise pour qu’ils puissent au bout de deux ans décrocher leur CAP. Les jeunes sautent dans le grand bain de l’apprentissage mais bien préparés et bien accompagnés », confie Tatiana Ossipoff, responsable du Centre de formation d’apprentis (CFA) à Thiais.

« Moi qui ne suis pas allé à l’école depuis plusieurs années, Pro’pulse me permet de me remettre à niveau dans les matières générales (maths, français, anglais), confie Maxime, 20 ans, passionné de mécanique automobile. Nous sommes aussi aidés pour trouver une entreprise. Pour moi qui n’aime pas trop l’école, ce qui me plaît dans l’apprentissage, c’est d’avoir une formation pratique importante. Je rêve d’ouvrir un jour mon propre garage mais pour ça, j’ai compris qu’il fallait absolument avoir un diplôme avant. »
Pour soutenir le développement de l’apprentissage, notamment dans des secteurs fortement touchés par la crise économique post-Covid, le gouvernement a annoncé début juin la création d’une prime de 5000 euros pour les entreprises qui embauchent un apprenti mineur, et de 8000 euros pour un majeur. 

Lucille Modeste, conseillère emploi formation insertion pour Skola vente à Cagnes-sur-mer

Autre dispositif d’Apprentis d’Auteuil pour faciliter l’insertion des jeunes vers l’emploi : Skola. Un programme court (de 3 à 18 mois) coconstruit avec les entreprises pour des jeunes âgés de 16 à 30 ans. Les secteurs concernés sont multiples : vente, hôtellerie-restauration, fibre optique, aéronautique, logistique mais aussi événementiel ou métiers de la vigne. Le principe ? Allier mise en situation réelle et accompagnement personnalisé.
Pour Skola vente situé à Cagnes-sur-mer (06), près de Nice, tout se passe dans la boutique nichée en plein coeur du centre commercial Polygone. « Nous profitons au maximum de la boutique Skola et du centre commercial qui permettent de découvrir la vente dans des conditions réelles plutôt que dans un livre, précise Jean-Marie Carque, formateur. Au-delà des techniques de vente, nous sommes là pour mettre en valeur, redonner confiance, remettre en mouvement ces jeunes qui sont pour la plupart des décrocheurs ou des jeunes sans emploi. »

Une formule qui fonctionne

« Je n’y connaissais rien en vente avant de commencer la formation Skola. J’ai un CAP et un bac pro en maroquinerie..., confie Gianni, 21 ans. En 3 mois, j’ai appris les bases et obtenu une expérience très concrète. On bénéficie aussi d’un accompagnement individuel pendant 6 mois après la formation. » « L’accompagnement individuel post formation m’aide à avoir confiance en moi, explique, Sonny 23 ans de la dernière promotion. Je me sens soutenu dans ma recherche d’emploi qui s’est un peu compliquée avec le confinement. Aujourd’hui, je veux trouver un travail quel que soit le métier. J’ai aussi le projet de créer ma propre marque de vêtement. »
Une formule qui fonctionne. Six mois après leur formation, 70 % des jeunes passés par Skola vente de Cagnes-sur-mer sont en emploi ou en formation.

Apprentis d'Auteuil

 

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