« Je comprends pourquoi tu aimais tant Lazare... »

J’ai connu Lazare il y a quelques années dans une asso qui aide les personnes « brisées par la vie » à se reconstruire par l’action.

 

Un jour on m’annonce qu’il y a un gars de Lazare qui arrive. Je ne savais pas ce que c’était, et ceux qui étaient là disaient que c’était « un truc pour les clodos ». En fait, Antoine était un jeune qui luttait contre une addiction. Il parlait très souvent de Lazare avec des étoiles dans les yeux, il disait que c’était ce qui l’avait sauvé. Il avait surtout une addiction à la vie, il était tellement joyeux, je me suis vite attaché à lui ! Un jour il a fait une overdose, et on nous a annoncé que c’était la fin. C’est à son enterrement que j’ai vraiment découvert Lazare, parce que ce sont les colocs qui l’animaient. Ils avaient tous des pulls colorés, Ils étaient lumineux malgré la souffrance : un magnifique témoignage de vie !

Ce jour-là je me suis fait la promesse de venir en coloc Lazare.

L’année dernière j’étais en mission humanitaire en Birmanie et j’ai réalisé que c’était le moment. J’ai demandé à me confiner à la maison d’Angers. Je me suis tout de suite senti chez moi, comme en famille. Ce qui me marque à Lazare c’est surtout l’aspect intergénérationnel. Le fait d’être blessé ou pas n’est pas l’important : on est tous des gars blessés, on a tous connu la galère, quel que soit notre état. On a un coloc qui a un château, et parfois ce sont les plus pauvres qui lui remontent le moral, parce qu’on a tous nos chagrins personnels, qu’on ait connu la rue ou pas.

Ici chacun a sa chambre, on pourrait y rester mais dès qu’on peut on est contents de se retrouver. On tisse une amitié profonde, c’est la première fois que j’ai des liens aussi forts en coloc. Ça aurait été inenvisageable pour moi de ne pas les inviter à mon mariage.

Je ressens la joie qu’on a de pouvoir s’aimer et d’être là les uns pour les autres.

On n’est pas là pour sortir les gens de leurs addictions, juste pour cheminer ensemble. Ma vie à Lazare m’a fait énormément progresser, aussi : j’ai appris à me taire pour écouter. En fait, on ne perd jamais de temps à écouter celui qui se confie. Si on ne le faisait pas, on se priverait de beaux moments. Je me suis marié le 11 septembre et quitter mes colocs est un déchirement pour moi, mais on les rejoint pour un weekend au retour de notre voyage de noces avec Albane. Si j’avais pu découvrir ça avant, je pense que j’aurais fait au moins 2 ans en coloc. Quand je pourrai revoir Antoine au ciel je lui dirai : « Merci de m’avoir fait connaître Lazare, je comprends pourquoi tu aimais tant. »

Source : Lazare

 

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