Ouvrir la voie aux jeunes en situation de handicap

En préparant un examen reconnu par l’hôtellerie-restauration au lycée professionnel Sainte-Thérèse à Paris, Margaux 23 ans, en situation de handicap, veut s’insérer dans la vie active et changer les regards sur le handicap.

Ce midi, Margaux, 23 ans, est impressionnée à l’idée de servir une table de vingt couverts. « Mais j’adore le contact avec les gens, se rassure-t-elle. Ça me plait beaucoup de discuter et de servir des plats. Avant, je n’arrivais pas trop à prendre les commandes. Maintenant, je sais et tout me plaît dans le service en salle. »
Qu’il est beau le chemin parcouru par Margaux en quatre ans à peine ! En 2018, dyspraxique, elle intègre une classe Ulis 1  au lycée professionnel Sainte-Thérèse à Paris. Là, avec d’autres élèves en situation de handicap, elle se perfectionne en français, en mathématiques, en informatique, effectue des stages de découverte. « Nous avons appris à travailler ensemble », se souvient-elle. Au point de vouloir faire de sa passion - la cuisine - son futur métier. 

Un beau défi personnel à relever

En 2020, le lycée tente une première avec Margaux : lui permettre de préparer un titre à finalité professionnelle (TFP), soit une certification répondant aux attentes des entreprises de l’hôtellerie-restauration, l’équivalent d’un CAP. « Même si cette certification est adaptée par rapport au CAP avec plus de pratique que de théorie, toute personne en situation de handicap ne peut y prétendre, souligne Aurélien Cognard, chargé de suivi et d’insertion professionnelle. Margaux doit, a minima, savoir lire, écrire, compter, parler un peu anglais. Être ponctuelle, pouvoir s’exprimer en public, être à même de prendre une commande, etc. » Autant de connaissances et de compétences à acquérir dans un temps donné, entre six mois et trois ans, en fonction des possibilités de chacun.
À la fois en contrat d’apprentissage dans une des boulangeries Éric Kayser, à Paris, tout en étant élève à l’école hôtelière du lycée professionnel Sainte-Thérèse, Margaux sait qu’elle doit faire ses preuves d’ici à l’examen de juin. « Je vais tout donner, je sens que je suis prête » confie-t-elle.
Si elle hésite encore sur son avenir professionnel - « j’aimerais tenter de nouvelles choses » - elle porte plus que jamais la cause des personnes en situation de handicap. « Venez à notre rencontre, conclut Margaux. Et surtout, ne vous moquez pas de nous. Ça fait mal ! La personne en face de vous a un handicap, c’est tout ! »

 

  • 1. Les Unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS) permettent la scolarisation dans le premier et le second degrés des élèves en situation de handicap présentant des troubles compatibles.

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