Rejoindre nos aînés

La période de confinement que nous impose les nécessités d’une protection mutuelle et solidaire contre le Covid-19 est une grande épreuve pour tous ceux dont nous sommes proches et en particulier pour nos parents et plus largement pour nos grands aînés. L’interdiction de les retrouver sur leur lieu de vie, en particulier dans les maisons de retraite, ajoute aussi à la peine. Certaines maisons envoient des nouvelles et font le point régulier via une lettre circulaire. Cela soulage en partie.

C’est d’abord une épreuve pour celles et ceux qui voient les services à la personne dont ils bénéficiaient diminuer pour ne pas dire disparaître. La maladie des aidants peut en être une des causes. Une forme de précarité risque de les toucher. Heureusement, pour la plupart d’entre eux, des enfants proches, des voisins attentifs, les réseaux sociaux et autres moyens de communication permettent de pallier une partie des inconvénients. Mais rien ne remplace les rencontres humaines.

Cela dit, plus on est dans le grand âge et moins on utilise les réseaux sociaux. Soit que nous n’avons jamais appris à nous en servir, soit que la maladie nous a rendus incapables de pouvoir nous en servir.  Il reste alors le courrier. Avant la crise, des collégiens du diocèse de Reims avaient visité des personnes vivant en EHPAD. A l’annonce du confinement, ils se sont mis à écrire celles qu’ils connaissaient le mieux. Le téléphone, bien sûr, est un moyen heureux. Entendre la voix de ses proches, c’est déjà beaucoup. Dieu Lui-même s’est fait proche de nous par sa Parole, le Verbe qui s’est fait chair.

Un autre outil, que certains couples dont l’un des deux travaillent au loin utilisent parfois, pourrait être repris en ces temps qui sont les nôtres. Il s’agit de tenir un journal, avec des photos et des récits qui retracent les moments importants de la période de confinement. Lorsque cette dernière sera levée, on pourra alors revoir nos aînés et leur présenter le journal réalisé au jour-le-jour ou du moins à un rythme régulier. Ainsi, la partage du quotidien, montrera qu’on ne s’est pas oublié et que dès le début on a pensé à se revoir.

Enfin, si l’adage « loin des yeux, loin du cœur » correspond à une réalité que nous avons sans doute tous expérimentée, que la proximité de nos cœurs par les diverses attentions dont nous sommes capables le fasse mentir. Porter nominalement dans notre prière tous nos aînés, de manière volontariste, peut-être un vrai support pour que notre charité, soutenue par l’Esprit-Saint, se fasse inventive.

+ Bruno Feillet
Évêque auxiliaire de Reims
Président du Conseil Famille et Société

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