" Tendre la main " : Journée mondiale des pauvres 2020

C'est le thème proposé par le Pape pour célébrer cette journée.  « Tendre la main est un signe : un signe qui rappelle immédiatement la proximité, la solidarité, l’amour. » 

 

Il s’agit très clairement d’un appel à l’engagement, pour chaque chrétien, quelle que soit sa situation.

Trois pistes de réflexion pour décliner ce thème en paroisse, en service, en mouvement…

Tendre la main pour donner

La première piste, à la suite de tout ce que nous vivons en cette année de crise sanitaire, consiste à tendre la main pour donner, pour partager, par acte de solidarité, tout comme le Bon Samaritain de la parabole.

Cet engagement est au cœur de notre foi : « La prière à Dieu et la solidarité avec les pauvres et les souffrants sont inséparables. Pour célébrer un culte qui soit agréable au Seigneur, il est nécessaire de reconnaître que toute personne, même la plus indigente et la plus méprisée, porte l’image de Dieu imprimée en elle » écrit le Pape dans son message.

Peut-être est-ce l’occasion alors de faire témoigner lors de cette 4ème Journée Mondiale des Pauvres des personnes engagées dans des actions ou des métiers qui font appel à la solidarité (Secours Catholique, Conférence Saint-Vincent de Paul, infirmièr(e)s, médecins, personnes travaillant dans le secteur social…), non pas pour raconter ce qu’elles font, mais pour partager comment leur engagement nourrit leur vie de foi et leur prière… « Tendre la main fait découvrir, avant tout à celui qui le fait, qu’existe en nous la capacité d’accomplir des gestes qui donnent un sens à la vie. » Le Pape nous propose même de composer une « litanie des œuvres de bien », non pas pour nous glorifier nous -mêmes, mais pour rendre grâce à Dieu de tout ce qui se vit. C’est peut-être aussi l’occasion de redécouvrir les « Livres des merveilles » qui avaient été rédigés pour Diaconia 2013... (joint en PDF)

Tendre la main pour recevoir

Mais, tendre la main pour donner peut aussi engendrer de l’assistanat et rendre celui qui reçoit dépendant de celui qui donne, tout en l’empêchant de retrouver sa propre dignité.

Une deuxième piste serait celle de « tendre la main pour recevoir » ce que l’autre va m’apporter, ce que le pauvre va m’apprendre. Nous mettre nous-mêmes en position de mendiant, de quêteur.

A l’image de Jésus admirant la foi de cette femme de l’Evangile, méprisée par tous, qui vient baigner de larmes ses pieds, saurons-nous reconnaître que nous avons quelque chose à apprendre et à recevoir de celui qui n’a rien, qui n’est rien, voire même qui nous semble complètement défiguré par le malheur ? « Un entraînement quotidien est nécessaire, à partir d’une prise de conscience que nous, les premiers, avons combien besoin d’une main tendue vers nous. » nous dit le Pape François. En sommes-nous bien convaincus ?

La pauvreté prend toujours des visages différents qui demandent une attention à chaque condition particulière : dans chacune d’elles, nous pouvons rencontrer le Seigneur Jésus qui a révélé sa présence dans ses frères les plus faibles » écrit encore le Pape en référence à Matthieu 25,40.

Cette Journée Mondiale des Pauvres peut être l’occasion de vivre cette expérience, en invitant à témoigner des personnes en précarité membres de groupes de partage de la Parole de Dieu qui rassemblent des personnes fragiles ou en précarité, sur la façon dont elles vivent leur foi, sur ce qui constitue leur foi et leur espérance.

Tendre la main pour construire ensemble l’Eglise

Et alors, nous pourrons « tendre la main pour avancer ensemble », comme des frères, pour construire ensemble une Eglise, une société où chacun puisse prendre sa place, apporter sa pierre, « riche de tout son monde », comme le proclamait une ancienne campagne d'ATD Quart Monde.

Cette Journée Mondiale des Pauvres est un appel à l’engagement, le Pape nous le rappelle constamment dans son message, un appel à ne pas déléguer le service de charité à des « experts » (Secours Catholique ou autre) mais à ce que chacune, chacun, se sente appelé, au nom de sa foi au Christ serviteur, à se mettre au service et à l’école de plus pauvre que soi : « Avoir le regard tourné vers le pauvre est difficile, mais plus que jamais nécessaire pour donner à notre vie personnelle et sociale la bonne direction. Il ne s’agit pas d’exprimer beaucoup de paroles, mais plutôt d’engager concrètement la vie, animée par la charité divine » nous encourage le Pape.

 

Pascale Jousset

Déléguée diocésaine pour le service Diaconie et Solidarité

Diocèse de Quimper et Léon

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