« Tends ta main aux pauvres. » Si. 7,32

Retour de la rencontre du 12 septembre 2020 à la cathédrale Saint Jean de Lyon

 

« Il faut que dans les paroisses nous ne soyons pas seulement des individus qui fassions quelque chose, mais qu’aussi agisse la paroisse en tant que communauté. Être chrétien en effet, c’est écouter ( le cri de la Terre – le cri du pauvre) ; c’est agir ; c’est oser dire au nom de qui nous agissons. Nous ne sommes pas seuls : pour écouter il faut être avec les autres ; pour agir, il faut être ensemble. »

C'est par ces mots que notre évêque, le Père Michel Dubost, a accueilli les 80 représentants des 35 paroisses et de la 10aine de mouvements qui ont souhaité partager la dynamique solidaire qui a été à l’œuvre dès le début de la crise sanitaire.

Rappelant la parole du Pape François selon laquelle la solidarité est précisément une voie pour sortir meilleur de la crise, le Père Éric Mouterde a introduit les différents témoignages proposés à l’assemblée dont il se dégage deux lignes directrices : la joie de servir et la joie d’aimer. Entre vidéos et prises de paroles nous avons découvert la paroisse de Vaugneray qui s'est lancée dans la confection de blouses pour les hôpitaux et la distribution de masques ; le Secours Catholique a fait témoigner une jeune femme migrante qui a été aidée et soutenue durant le temps du confinement ; la Communauté du Sappel à Vénissieux a fait témoigner une jeune femme handicapée et sous tutelle ; Notre Dame des sans abri a donné la parole aux  gens de la rue ; un membre du Service évangélique des malades nous a dit ses visites à domicile ; enfin un migrant a pris la parole avec l'Aclaam, la cellule Migrants du diocèse…

L’assemblée s’est répartie ensuite par petits groupes pour que chacun fasse part de son expérience à la lumière des deux questions suivantes :

1 - Avec qui, comment et en quoi la crise sanitaire a-t-elle stimulé votre paroisse ou votre mouvement dans l’attention aux plus fragiles ? 

2 - Pour la suite, face à la crise économique et sociale qui se profile, quelle dynamique, quels moyens allez-vous mettre en œuvre pour poursuivre cette attention aux plus fragiles ?

A la 1ère question on peut repérer bien des initiatives ont été conduites en lien avec d'autres associations chrétiennes ou non, mais aussi avec les services des mairies. Ces initiatives solidaires ont été souvent la poursuite d'un travail déjà entrepris, mais la crise a aussi stimulé des nouvelles initiatives. Dans certains cas ce temps très particulier a permis à bien des personnes de se lancer dans des actions d'aide, mais on doit aussi noter que certaines associations ont dû cesser leurs activités car souvent animé par des personnes que leurs fragilités, leur âge obligeaient à rester confinés.

Reste que tout cela a permis des actions à « la Prévert », tant les initiatives ont été diverses selon les paroisses ou les mouvements, selon les possibilités et les moyens des uns et des autres, selon les publics qui ont pu être rejoints… Ainsi le soutien scolaire auprès des jeunes migrants, les efforts liturgiques par vidéo dans le temps de confinement, les maraudes pour apporter des repas et produits d'hygiène aux gens de la rue, les appels téléphoniques aux personnes seules, les affiches dans les halls d'immeubles pour dire les disponibilités pour les courses, les informations données pour rejoindre des organismes d'aides ou de soutien comme les CCAS, la confection de colis solidaires en lien avec des producteurs locaux, des courriers aux prisonniers ou aux résidents d'Ehpad, l'ouverture d'une nouvelle structure d'accueil pour des femmes seules avec enfants, travail d'aide en lien avec les services sociaux des mairies, la création d'un accueil de jour ouvert une fois/semaine..., trouver l’équilibre entre l’aide directe et la mise à disposition de chèques-service…

Mais il faut cependant souligner que des difficultés ont surgi pour rejoindre des personnes isolées car non repérées, ou non joignables. Si Internet a été un outil utile, son absence, chez certains, a contribué à les marginaliser encore, notamment pour les enfants qui n'ont pas pu être rejoints par leurs enseignants ou pour certaines personnes âgées. La distanciation sociale met en  difficultés aggravées les sourds et les aveugles dans leurs relations sociales.

A la 2ème question, en fait, nous avons essayé de répondre en même temps à cette interpellation de Michel Dubost qui a lancé : « Et maintenant que voulons-nous faire ? » « Nous » ce sont les paroissiens et les membres de nos mouvements ; mais « nous » c’est aussi nous et les autres acteurs de la solidarité que nous savons rejoindre dans la vie de la société ; « nous » c’est aussi nous et les personnes en précarité qui sont aussi acteurs de leur vie.

Dans cet esprit commun les petits groupes ont donc ouvert des pistes : conforter ou ouvrir des pôles Solidarité dans nos paroisses ; se libérer des peurs, s’ouvrir à la dimension spirituelle de la charité ; s’appuyer sur celles et ceux qui se sont engager lors du confinement ; poursuivre les actions nouvelles initiées pendant cette période : confections de paniers solidaires, visites dans les Ehpad et à domiciles, poursuivre les trocs services / compétences ; travailler à rejoindre les « invisibles » isolés, étrangers, personnes âgées, malades, mères célibataires.. ; commencer à penser les conséquences de l’hiver sur les plus démunis ; donner leur place aux jeunes avec leur propre approche de l’engagement ; voir les possibilités  des entreprises pour que les salariés donnent de leur temps et/ou qu’elles mettent à disposition des logements ; nécessité de retrouver des contacts en présentiel pour des relations plus chaleureuses ; trouver un référent par paroisse pour la pastorale des personnes handicapées ou isolées ; création de cellules d’écoute dans les paroisses ; créations de journées fraternelles de rencontres, de partages (sur des thèmes, sur la Bible, …), de création artistique…

Comme envoi, le Père Michel Dubost nous a invité d’abord à regarder, ensuite à remarquer, car le plus difficile est de remarquer les personnes qui ne veulent pas être remarquées. Il faut donc de la créativité : Soyons des chercheurs qui créent le lien, dit-il, mais attention : il s’agit de s’engager dans la durée.

Irène Madzar et Jean Michel Ghinsberg 

 

Diocèse de Lyon

 

Ajouter un commentaire