Un tiers-lieu animé dans le Gâtinais

La question de l’avenir des territoires ruraux revient en force dans l’actualité. Rose-Anne Bonneau a témoigné de son expérience personnelle lors du rassemblement national Terres d’Espérance, à Châteauneuf-de-Galaure (Drôme) en avril 2022.

Vous animez un tiers-lieu en rural avec le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC). En quoi consiste votre mission ?

Actuellement permanente d’Église, une partie de ma mission consiste à animer un lieu d’Église en rural avec l’association Partage au Pont de Pierre, créée il y a 46 ans. C’est un lieu avec une présence et l’animation est gérée à la fois par l’Action catholique des enfants (ACE), le Mouvement rural de jeunesse Chrétienne (MRJC), Chrétiens en monde rural (CMR) et le bureau de territoire du Secours catholique. Nous permettons à des personnes de donner sens à leur vie, de vivre leur foi, de se questionner et de s’engager dans la société. Depuis septembre, j’ai une nouvelle mission comme assistante pastorale sur le groupement paroissial où ce lieu est implanté, celle de créer des passerelles, des liens entre ces réalités d’Église différentes.

Pourquoi est-il si important qu’un tiers-lieu contribue à la vitalité de nos territoires ?

Ce lieu implanté sur le territoire du Gâtinais dans le Loiret, est reconnu par les élus et les associations locales car les bénévoles s’investissent localement dans des actions avec d’autres. Nous menons une réflexion et agissons pour une attention à l’environnement et envers les plus fragiles. Citons des exemples d’investissements comme la fête des possibles préparées et animées par le lieu, des associations et des municipalités, un festival du livres alternatifs appelé : « Autrement », « Autres mots », un parcours Église Verte avec des ateliers concrets ou avec des intervenants chaque mois sur des thèmes divers sur l’écologie, notre façon de consommer, ou les finances. Nous avons aussi proposé une marche pascale de 4 h à 8 heures où des jeunes du MRJC, des adultes de l’association partage, des paroisses ont échangé sur le thème : « Quelle est mon essence dans ma vie » ?

Quels défis attendent les territoires ruraux ? Quelles évolutions possibles ?

Nous devons créer des liens entre la population locale enracinée depuis des générations : les agriculteurs , les petites entreprises locales et les « néo-ruraux » arrivant de la ville pour acheter moins chère et habiter au vert. Ils s’attendent néanmoins à retrouver des services existants en ville comme des professionnels de santé, des services de proximité tels que les commerces, les loisirs. Le deuxième défi concerne l’isolement des personnes notamment avec la fracture numérique, les personnes âgées avec leurs soucis de santé ou de déplacement… Le troisième défi concerne les jeunes qui rencontrent des problèmes de mobilité pour leurs études ou le travail. Sans permis et sans véhicule, comment vivre dans des villages ruraux ? Il n’y a pas  de transport en commun ni de train… et avec le télétravail : comment créer des liens ?

Comment l’Église peut-elle s’engager et agir au service de la vie en territoires ruraux ?

L’Église peut rejoindre les contemporains dans leurs joies et leurs difficultés au sein du monde rural et agricole. Des chrétiens s’engagent avec d’autres sur des projets locaux. Osant affirmer leur foi, leurs convictions, ils sont présents sur la vie des territoires par le biais des associations ou des groupes de réflexions dans des groupes de travail Pôle territoriales et rurales (PETR) ou sur les communes.

Il faut faire des propositions ouvertes pour inviter à se rencontrer. Ne pas rester que sur des propositions comme les sacrements, la messe dominicale mais rejoindre les contemporains dans leur recherche de sens et avoir de nouvelles propositions : comme des haltes spirituelles, marche jeûne d’une semaine, méditation ou un accueil dans nos locaux avec des associations locales

Source : Eglise Catholique de France

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