« Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 1-12a)

29/10/2021

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.

 

 

 

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Commentaire d’évangile Mt 5, 1-12. Église de La Milesse

Ce passage d’évangile relate un épisode marquant de la prédication de Jésus pendant sa vie terrestre : on appelle ce passage « les Béatitudes ».

Matthieu nous a retranscrit ce discours où Jésus, après avoir gravi la montagne (il a pris un peu de hauteur, il va nous dire des choses importantes) devant ses disciples et la foule des gens qui le suivent, Jésus va en quelque sorte énumérer les chemins du bonheur selon Dieu. Selon Dieu certes, mais c’est bien du bonheur de l’homme dont il est question. Chacune des 8 exhortations des Béatitudes commence par le mot « Heureux ».

Celui qui nous a créés à son image comme on le lit dans la Genèse, ce Dieu-là, Père de tous les humains, connait l’homme – j’allais dire, comme s’il l’avait fait ! Et il nous a fait au final pour être heureux, heureux du bonheur de le trouver, et de choisir librement l’amour qu’il nous porte. Même si tant de choses dans nos vies nous détournent d’aimer. Et pour que les hommes le connaissent en retour comme Père infiniment bon et miséricordieux il a envoyé son Fils Jésus dans notre monde vivre notre vie d’homme, vivre notre mort aussi, rencontrer sur son chemin à la rencontre des humains la souffrance, la maladie, la mort, et en souffrir comme souffrent aujourd’hui les proches et les amis de Georges qui vient de finir sa vie. Mais alors quelles sont ces voies de béatitude, ces chemins de bonheur pour nous ? Jésus évoque des personnes et non des principes, et il n’est pas dans l’injonction. Il ne dit pas « malheur aux possédants » ni « à bas la propriété » ; il dit « Heureux les pauvres … » avec un complément de traduction « les pauvres de cœur, les pauvres en esprit, ceux qui ont une âme de pauvre » comprenez : ceux qui ne sont pas attachés à la possession, l’avoir, la consommation… Pourtant la pauvreté effective, le partage, la générosité envers autrui sont sans doute des corollaires induits par cette invitation à être pauvre de cœur pour le Royaume, détaché des biens de ce monde mais prêt à secourir celui qui manque du nécessaire pour vivre. Nous les Chrétiens nous avons bien besoin de méditer l’invitation de Jésus dans les Béatitudes, nous avons besoin que Jésus nous les fasse vivre en esprit et en vérité pour témoigner réellement du Royaume au long de notre vie sur terre… C’est pareil pour toutes les autres recommandations de Jésus, autant de ressources pour le bonheur – celui de l’éternité, qui commence maintenant : les doux (pacifiques, non-violents, ouverts au dialogue), ceux qui pleurent (ceux qui souffrent, dans leur chair ou dans leur cœur, les éprouvés ou les réprouvés de la vie), ceux qui ont faim et soif de la justice (ceux qui luttent pour les droits des plus faibles et l’épanouissement de tous), les cœurs purs (les vrais bienveillants, qui cherchent le bien des autres de manière désintéressée, qui ne se servent pas des autres pour leur satisfaction personnelle), les artisans de paix (qui contribuent à l’harmonie entre les hommes et avec la nature), les persécutés, insultés, calomniés, à cause de leur foi… Toutes ces invitations nous engagent sur les chemins de l’amour infini où Dieu nous attend dès aujourd’hui pour nous accueillir, nous convertir, et accomplir en nous et autour de nous son œuvre de rédemption : le Royaume des cieux est à eux, ils obtiendront la terre promise, ils seront consolés, ils seront rassasiés, ils obtiendront miséricorde, ils verront Dieu, ils seront appelés fils de Dieu, le Royaume des cieux est à eux… Nous sommes tous fils de Dieu, frères de Jésus-Christ, appelés à connaître cette félicité définitive au-delà de la mort, et d’en éprouver dès maintenant une joie profonde dans la confiance d’être aimés de Dieu. Difficile de nous réjouir et d’être dans l’allégresse comme nous y invite la conclusion de l’évangile un jour de deuil comme aujourd’hui. Pourtant l’espérance chrétienne c’est que la mort n’est pas la fin de tout. Parce que Jésus ressuscité a vaincu la mort et nous libère du mal. Notre espérance, c’est de passer avec Jésus à sa suite dans la mort pour la vie éternelle, de connaître un jour la résurrection de notre chair dans un corps glorieux et de nous retrouver tous ensemble dans la vision de Dieu source d’un bonheur total.

 

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