Jeunes en 2020 : des perspectives d’avenir bien sombres

Quel regard les jeunes, leurs parents, les enseignants, portent-ils sur l’avenir de la jeunesse ? Quelle perception ont-ils de ses difficultés, du rôle de l’entourage, du système éducatif français ? Quelle éducation en 2020 ?

Apprentis d’Auteuil lance avec l’institut de sondage Opinion Way son premier baromètre annuel de l’éducation, pour lequel plus de 3000 personnes ont été interrogées. Présentation des résultats, à l'heure du Covid-19 et de la crise sanitaire et économique.

Le premier baromètre de l’éducation d’Apprentis d’Auteuil, piloté par Opinion Way, dresse un état des lieux de la perception des Français de la jeunesse en France, de ses difficultés et de l'éducation à travers de nombreux prismes. Avec en 2020, un focus sur la crise sanitaire et ses multiples conséquences sur les jeunes et leur avenir.
Il proposera chaque année une thématique différente en fonction de l’actualité, avec pour objectifs de devenir un rendez-vous incontournable et de porter plus haut la voix des jeunes et des familles.  Pour cette première édition, outre le grand public, plus de 3000 personnes ont été interrogées : des jeunes de 16 à 25 ans, des parents d’enfants de moins de 26 ans, et des enseignants représentatifs de la population des enseignants français.

Un monde jugé plus hostile

Un premier résultat émerge d’emblée : pour cette génération, le monde actuel est jugé plus hostile que celui de leurs parents quand ceux-ci avaient leur âge. Plus hostile en particulier en termes d’accès à l’emploi : 78 % des jeunes jugent difficile l’entrée sur le marché du travail (78 %), tout comme la possibilité de trouver un logement (72 %), un stage ou une formation (64 %).  En résumé, tout ce qui concerne les clés de l’autonomie et de l’entrée dans une vie adulte et indépendante. L’inquiétude grandit chez les jeunes sur leur capacité à pouvoir s’insérer dans la société.

L'impact de la crise sanitaire

La crise sanitaire s’éternisant, avec une forte incertitude quant au proche avenir, le sentiment de vulnérabilité s’est accentué. 89 % des sondés pensent que la crise a un impact important sur l’emploi.
30 % des jeunes pensent que leur génération est plus touchée par la crise que la moyenne. « À Apprentis d'Auteuil, nous nous attendons à une vague de jeunes en grandes difficultés scolaires en répercussion à la crise. Un plan ambitieux de raccrochage scolaire et de soutien aux élèves les plus fragiles doit être réfléchi, en lien avec l'ensemble des acteurs éducatifs, explique André Altmeyer, directeur général adjoint.
Des jeunes accompagnés par Apprentis d’Auteuil témoignent : « Avoir notre âge en 2020, c’est connaître plus de problèmes que de trucs chouettes. On parle du futur, et ça fait peur. Il y a trop de pression pour les études. »
 

L’État et la famille, ultimes remparts contre la précarité

Dans cette situation, alors que l’avenir s’apparente à une course d’obstacles quasi insurmontables, vers qui se tourner pour obtenir de l’aide ? La famille.
Pour 52% des parents et 55 % des enseignants, c'est elle qui joue le rôle le plus important pour aider les jeunes à faire face aux difficultés. C'est même en premier lieu à elle qu'échoue principalement la mission d’éducation des jeunes : 77% des jeunes, 78% des parents et 92% des enseignants le pensent.

Mais surtout l’État, estiment 54 % des jeunes, qui le mettent au premier plan. Dans une moindre mesure, Pôle emploi (40 %). Si l’État apparaît comme le recours principal, 63 % des Français jugent pourtant insuffisants son action et sa prise en compte de la jeunesse. En particulier, pour les jeunes déjà fragilisés par leur parcours de vie, comme le remarque Apprentis d’Auteuil.
« En juillet dernier, le gouvernement a annoncé un plan jeunes qui propose différentes mesures d’aide à l’embauche des jeunes. Ce plan s’adresse toutefois davantage aux jeunes diplômés qu’à ceux éloignés de l’emploi, déscolarisés, isolés, en rupture socio-professionnelle et familiale », se désole André Altmeyer.

Une École déconnectée du monde professionnel

Et l’École ? Elle n’est un recours que pour 40 % des sondés, loin derrière l’État. Quel regard sur cette institution ? Remplit-elle son rôle ? Prépare-t-elle suffisamment les jeunes au monde professionnel ? Le constat est sans appel. L’École ne favorise pas le rapprochement entre jeunes, parents, enseignants et monde de l’entreprise, et elle ne valorise pas les filières professionnelles pour 60 % des sondés.

L'augmentation des inégalités scolaires

L’échec scolaire est perçu comme en augmentation par 60 % des sondés. 56 % des enseignants l’attribuent à un accompagnement éducatif insuffisant de la part des parents (contre 38 % du grand public).
Alors que 53 % des enseignants, 35 % des parents  (et seulement 26 % des jeunes) mettent en avant le temps passé par les jeunes sur les écrans et les jeux vidéo. 82 % des sondés pensent que la crise a également accentué les inégalités scolaires (et 86 % des enseignants). Du côté des jeunes, c’est le sentiment d’une école trop uniforme et rigide qui émerge (pour 31 % d’entre eux), d’élèves pas assez motivés (pour 34%) et plus encore, d’un système scolaire qui ne permet pas de consacrer assez de temps aux élèves en difficulté (pour 60 % d’entre eux).

« Il faudrait s’adapter à chacun, avoir des écoles modernes avec plus d’ordinateurs, et aussi trouver plus facilement des patrons, des stages, parce qu’avec le corona, c’est devenu compliqué », soulignent les jeunes lycéens interrogés par Apprentis d'Auteuil. « Il est indispensable de proposer aux jeunes un accompagnement personnalisé, à la fois éducatif et scolaire, adapté aux besoins de chacun. Cette approche sur mesure est selon nous la meilleure façon de garantir l’épanouissement et la réussite des jeunes en difficulté », commente André Altmeyer.

Des raisons d'espérer

Les enseignements semblent alarmants, et cependant, des points positifs apparaissent, notamment le lien renforcé entre enseignants et parents au plus fort de la crise sanitaire durant le confinement : 61 % des jeunes estiment qu’ils se sont rapprochés autour des questions d’éducation. Autre élément important, la volonté des jeunes eux-mêmes et leur envie de se construire un avenir, en dépit des embûches. À la question « qu’est-ce qu’être jeune en France aujourd’hui ? », les jeunes interviewés résument : « La difficulté, mais aussi la détermination, la solidarité, le courage, la persévérance et la confiance… »

Source : Apprentis d'Auteuil

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