Construire le monde de demain

Un an après leur rencontre nationale sur le thème « Construisons une société idéale qui ne laisse personne de côté », ATD Quart Monde donne la parole aux jeunes adultes. Ils évoquent ici leurs espoirs et leurs doutes et avancent des propositions concrètes pour construire le monde de demain.

 

Témoignage de Dounia, 21 ans, Pierrelaye

Je suis étudiante en première année de droit. Je vis dans une colocation solidaire mise en place par ATD Quart Monde, avec quatre autres jeunes. Je me pose des questions sur mon avenir et sur celui des générations futures. Est-ce qu’il y aura assez de ressources naturelles, assez d’emplois pour permettre à tous d’avoir une situation stable ? Mais je garde espoir, car je vois que certaines voix se lèvent et n’ont peur ni des politiques, ni des lobbys. Nous sommes une génération plus connectée, ce qui rend peut-être la dénonciation plus facile et qui permet de rencontrer davantage des personnes d’horizons différents. Pendant le confinement, j’ai participé à des actions pour les femmes victimes de violences ou pour appeler des personnes âgées isolées. Pour moi, ce n’était pas vraiment un engagement, mais un échange, pendant lequel j’ai beaucoup appris. Si j’avais le pouvoir, je donnerais davantage la parole aux jeunes. Je ferais également en sorte qu’ils puissent tous aller au théâtre, visiter des musées, rencontrer des personnalités politiques… Cela leur permettrait d’avoir plus confiance en eux pour parler et de sentir qu’ils appartiennent vraiment à la société.

Damien, 21 ans, Quetigny

Je travaille dans une brasserie en tant que cuisinier. En quittant l’école, je me suis rendu compte que c’était difficile de trouver du travail, de gérer une vie sans avoir d’argent, d’avoir un logement, de prendre son indépendance. Au quotidien, j’essaye d’aider d’autres jeunes à être plus gentils, plus respectueux envers leurs parents, plus à l’écoute, à améliorer leur comportement, à respecter les consignes de tri…. J’aimerais que les gens vivent en paix, qu’ils arrêtent de se faire la guerre pour n’importe quoi. Beaucoup de jeunes passent leur temps sur leur console par exemple et oublient de voir leur famille. Pourtant, la famille, c’est le plus important, il ne faut jamais la lâcher. Je pense que tous les jeunes devraient avoir une assistante sociale pour les aider à gérer leurs papiers, à trouver un logement, à voler de leurs propres ailes.

Mouloud, 31 ans, Marseille

J’ai repris des études l’année dernière et je suis maintenant étudiant en licence. Mais je suis sans-papiers et je ne peux pas chercher du travail, faire une formation, avoir un logement, tout est compliqué. Ma famille en Algérie ne connaît pas ma situation, j’ai peur de leur réaction, je ressens beaucoup de pression. Aujourd’hui, je me suis engagé dans plusieurs associations et je pense qu’il ne faut pas perdre espoir, il y a toujours des bonnes personnes quelque part. Il faudrait simplifier les conditions pour accéder à un travail ou à une formation pour les jeunes. C’est peut-être utopique, mais j’aimerais aussi qu’il n’y ait plus de frontières. Cela réglerait beaucoup de problèmes. Ma vision de la démocratie est aussi différente de celle que l’on connaît aujourd’hui. Pour élire notre « chef », il faut commencer d’en bas : chaque famille doit désigner le plus apte à la représenter, puis la même chose dans chaque quartier, chaque ville, chaque région… jusqu’en haut. Aujourd’hui, la partie dirigeante du pays vit dans un monde et le peuple vit dans un autre monde. Il faudrait laisser la main aux jeunes maintenant et leur donner l’occasion de s’exprimer.

 

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