COVID -19 : les craintes d'Abdoul Kader

#Coronavirus Témoignage d' Abdoul Kader, volontaire nigérien en service civique au CCFD-Terre Solidaire à Bordeaux. Il nous présente son parcours, ses missions au sein de CCFD-Terre Solidaire et nous parle de ses craintes concernant l’impact du Covid-19 au Niger.

 

 

Abdoul Kader, en quelques mots :

....Engagé en volontariat international de réciprocité par la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) je suis un jeune nigérien actuellement en service civique au CCFD-Terre Solidaire à Bordeaux sur une mission d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale. Ma mission consiste à participer et à mener des séances de sensibilisation envers différents publics pour permettre à chacun de comprendre les mécanismes d’interdépendance et d’exclusion dans le monde, de prendre conscience de l’importance d’une démarche citoyenne ayant pour but de favoriser une solidarité entre les territoires, les générations, les groupes sociaux… et de faire évoluer le regard de l’individu sur des changements de comportement à adopter.

Agé de 23 ans et titulaire d’un DUT en Science et Technologie des Aliments j’étais jusqu’à mon arrivée en France engagé aux côtés des scouts du Niger pour contribuer à l’éducation des jeunes filles et garçons pour en faire des citoyens modèles utiles et heureux dans leurs communautés. J’étais également engagé au sein du Cadre Consultatif Nigérien des Enfants et Jeunes (CCNEJ) pour l’éradication du mariage des enfants, pour la scolarisation des jeunes filles et la protection des enfants. Passionné de découvertes, de culture, de solidarité aujourd’hui je vis une expérience interculturelle et une autre dimension de mon engagement associatif aux côtés des braves femmes et hommes (bénévoles et salarié·e·s) du CCFD-Terre Solidaire.

La propagation du Covid 19

Ce n’est un secret pour personne, cette pandémie Covid-19 n’épargne aucun pays, même les moins développés d’un point de vue économique et en terme d’infrastructures. Comment réduire l’impact de cette crise sanitaire sur l’économie et comment relancer facilement et rapidement l’économie locale, gage de la subsistance de la majeure partie de la population ?

La question se pose aujourd’hui pour mon pays le Niger, où, seulement deux jours après le discours du Président de la république française annonçant les mesures préventives prises par le gouvernement surgit l’apparition du premier cas de Coronavirus. Après des examens approfondis effectués par les services compétents, il s’agissait d’un sujet de 36 ans ayant transité successivement à Abidjan en Côte d’Ivoire et à Lomé au Togo, du fait de son métier de transporteur camion de marchandises.

Ce premier cas vient créer une certaine panique au sein de la population, déjà éprouvée par les troubles causés par les bandits armés et les sectes djihadistes dans certaines parties du pays. Une population qui reste incertaine ou inquiète sur l’avenir des structures de base du pays (éducation, santé, transport, etc..) et du commerce informel qui occupe une place importante dans l’économie locale. En cas d’éventuelle diffusion de la pandémie, malgré l’avancée de la technologie et de l’outil informatique, le Niger n’aurait pas les moyens d’assurer des mesures telles que le travail à distance, des cours en ligne pour sauver l’éducation, la continuité de certains services sociaux de base, ou encore la garantie des revenus mensuels tant dans le public que dans le privé....

Ceci pour rappeler les inégalités que subissent les pays au niveau mondial, même face à une pandémie et pour démontrer le rôle indispensable de la solidarité internationale qui œuvre sans relâche pour réduire considérablement ou éradiquer ces inégalités.

Personnellement mon inquiétude se focalise plus sur trois aspects essentiels :

  • l’impact sur l’éducation qui d’ores et déjà souffre de plusieurs maux (les conflits armés qui ont entraîné la fermeture d’une centaine d’écoles, l’inégalité d’accès à une éducation gratuite pour tous, la qualité discutable du système éducatif),
  •  les habitudes sociales qui existent chez nous et qui sont favorables à une propagation très rapide de l’épidémie,
  •  la difficulté ou la contrainte que représentent les mesures préventives pour une partie importante de la population dans la recherche de leur pain quotidien ou de leurs moyens de subsistances.

J’espère que la lecture de cet écrit vous apprendra des choses sur mon pays. Prenez soin de vous et de vos proches! N’oubliez pas les consignes d’hygiène !

Abdoul Kader

Document associé

temoignage_abdul.pdf

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