Jean-Pierre, bénévole à La Cloche

Jean-Pierre, 37 ans a accepté de raconter sa rencontre avec la Cloche et ce que son expérience en tant que bénévole lui a apporté. 

 

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Jean-Pierre, j’ai 37 ans. Je suis employé de libre service et bénévole pour La Cloche. Durant mon temps libre, j’apprécie regarder un film et jouer à la console. Je suis cinéphile et “Rasta Rockett” c’est mon film préféré. J’aime aussi sortir et rejoindre des amis.

Comment as tu découvert la Cloche ?

J’étais en CHRS (Centre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale) et j’ai découvert La Cloche par hasard. Goli était venue dans ce centre pour parler de La Cloche et du “jardin partagé du Ver têtu” dans le 19ème. L’été, une fois par semaine, ils font un repas où tout le monde est invité : avec et sans domicile.

J’ai découvert en premier la Cloche à Biscuits. Puis, J’ai fait des démarchages auprès des commerçants et quelques maraudes de nuit avec La Cloche. Je n’aime pas trop ces maraudes là car ça me rappelle le passé. Je le fais car je sais que c’est quelques chose qui est agréable. J’ai dû mal à interagir car je ne sais pas quoi dire, je ne sais pas quoi faire. Durant ces maraudes, j’ai l’impression d’avoir un rôle qui n’est pas fait pour moi, d’être un imposteur. Après, je sais qu’on peut s’en sortir. Je pense que la force mentale est très importante. Moi, c’est les mecs de la rue et l’une des mes petites soeurs qui m’ont beaucoup aidé.

Heureusement, il y a des associations comme la Cloche qui permettent de garder un réseau social. C’est une chose prioritaire car on est souvent jugé mais pas dans le bon sens. On nous voit facilement comme des bons à rien, des alcooliques, des choses comme ça. Ils sont là pour casser ce cliché et je trouve ça super bien.

Quels types d’actions as tu réalisé avec La Cloche ?

J'ai participé à des forums d’associations ou des rassemblements comme Solidays pour recruter des bénévoles. J’ai fait aussi 2,3 démarchages auprès des commerçants. Je vais bientôt commencer à faire des suivis commerçants.

On entend souvent que se confronter au monde de la rue peut parfois être très difficile et mener à une perte de confiance en soi. Qu’est ce que t’en penses, toi ?

Ce n’est pas forcément vrai au départ même si dans la rue, il est plus facile de se démolir que de se construire. Ce n’est pas en montrant du doigt les personnes SDF qu’on va les aider. Quand on fait la manche, les personnes ne comprennent pas que ce n’est pas forcément la pièce que l’on veut. On est des êtres humains, on sait converser. Ce qui me surprend, c’est que ce sont souvent les jeunes 10-25 ans qui donnent ou les vieux.

Dirais tu que tu as appris grâce à ton expérience en tant que bénévole ?

Oui ! Je me débrouille mieux dans mes démarches personnelles. Par exemple, les démarchages auprès des commerçants nous apprennent à savoir démarcher pour nous-même. La Cloche m’a juste conforté dans ma vision des choses ; qu’il était possible de faire bouger les choses.

En quoi participer aux activités de La Cloche est important pour toi ?

Mon travail est aussi important que mon volontariat avec La Cloche. Ce sont pour moi des moments agréables et récréatifs. Il y a vraiment un échange. La Cloche, c’est une manière de changer la vision que la population a sur les personnes en situation de rue mais aussi sur les personnes exclues. Car les personnes exclues ne sont pas forcément des personnes SDF. Il y les mères isolées, les personnes qui n’arrivent pas à boucler le mois, les migrants, les gens qui se retrouvent au pied du mur et qui n’ont pas beaucoup de solutions ou d’aides. Ils se retrouvent dans une spirale compliquée. Pour l’Etat, nous sommes des “parias” et ce n’est pas évident de trouver sa place. Comme un film l’a très bien dit, nous sommes les “invisibles”.

Est ce que tu conseillerais une personne sans domicile de fréquenter l’association La Cloche? Si oui, pourquoi ?

A 100 000 % ! A La Cloche, on peut parler, discuter et il n’y aura pas de jugement hâtif, pas de regard de travers. Ça ressemble plus à une petite famille qu’à une association. On ne voit pas la différence entre les personnes qui ont un logement et ceux qui n’en n’ont pas.

Source : La Cloche

                                  

Droits photo : La Cloche               

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