Jimmy 20 ans, parcours d'un jeune précaire

29/09/2022

« sans l’allocation du contrat d’engagement jeune (CEJ), je risque de me retrouver à la rue dans trois mois ».

 

 

« Au niveau de l'école, j'ai décroché dès la sixième. J'étais l'élève qui dormait la tête posée sur les bras croisés, au fond de la classe. J'ai arrêté ma scolarité à 16 ans, sans aucun diplôme. 

Depuis, c’est simple, je n’ai rien fait à part des petits boulots au black dans la restauration, la vigne, le bâtiment et le jardinage. Pendant quelques mois, j'ai fait des missions intérim comme agent d’accueil au stade Atlantique de Bordeaux. Mais je devais y aller en train puis en tram, ça me faisait 1h30 de trajet. C’était long et j’arrivais souvent en retard. J'ai fini par arrêter.

Aujourd'hui, je suis prêt à prendre n'importe quel boulot, mais dans le coin, sans permis, ni scooter, c'est compliqué de trouver quelque chose. J'ai fait une demande d'aide pour financer mon permis de conduire. J'attends la réponse. 

Je suis intéressé et motivé pour m'engager dans un Contrat d'engagement jeune (CEJ). Ça me permettrait de me former et de trouver un vrai boulot. Je voudrais travailler dans les espaces verts. Je ne peux pas rester enfermé, j'aime être dehors.

 « Avec 500 euros par mois, je me trouverais un studio dans un endroit où il y a du travail. »

J'avoue que l'allocation de 500 euros que je pourrais toucher tous les mois dans le cadre du CEJ m'aiderait énormément. Sans cela je risque de me retrouver à la rue dans trois mois.

Aujourd'hui, je vis avec mon ex-petite amie. Nous sommes séparés depuis sept mois et la cohabitation est de moins en moins supportable. Mais je ne peux pas partir, car je n'ai aucune ressource et je dépends d'elle qui touche le RSA. Mon père, qui est peintre en bâtiment à la retraite, m’aide aussi un peu, même s’il gagne moins de 1 000 euros par mois. Je n'ai plus trop de contacts avec ma mère qui a des problèmes d'addiction à l'alcool. 

Si j'avais accès à un revenu type RSA, je ne resterais pas jouer à la console. Avec 500 euros par mois, je me trouverais un studio - pour avoir mon intimité -, dans un endroit où il y a du travail. À Bordeaux, par exemple, où on peut trouver du boulot dans la restauration, chez Mc Donald's, dans le ménage...

Je suis quelqu'un de débrouillard. Malgré le fait que je suis dans la m****, j'arrive toujours à m'en sortir. 500 euros ce serait un coup de pouce pour avancer. Mon objectif, c'est un travail stable et un vrai salaire qui permet de vivre normalement. »

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Benjamin Sèze journaliste

SCCF

Source : SCCF

 

 

 

 

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