La fraternité : c'est quoi pour vous ?

Un petit groupe a été constitué et s’est réuni à Vannes, le 14 mai 2019. Pendant deux heures, 15 personnes vivant ou ayant connu des situations de grande pauvreté ont réfléchi ensemble autour de la fraternité. L’objectif était de rédiger un texte pour la session de Nevers de décembre 2019. Les personnes sont toutes membres de groupes appartenant au Réseau Saint Laurent.

La fraternité : qu'est-ce que c'est pour vous ?

Je fais partie de l'Evangile au bas des tours, à Rennes. On se rassemble, on est environ un groupe de 10. le vendredi après-midi. Une amie m'avait dit : viens donc. Je me suis plu et je viens tous les vendredis. J'étais seule, je ne savais pas trop quoi faire. Depuis que je suis là, je suis moins seule, j'ai rencontré beaucoup d'amis et j'ai appris aussi des choses. C'est que, par exemple, moi je suis pas loin du métro, eh bien, quand je prenais le métro, je passais, comme ça, sans dire bonjour, sans rien, tandis que maintenant c'est : “ bonjour ”. Et c'est comme ça que j'ai connu des personnes, même des nouveaux voisins que je ne connaissais pas.

Pour moi, l'Evangile au bas des tours c'est une vraie fraternité. On se connait, on invite d'autres personnes à venir nous rejoindre. C'est un moment de partage, de convivialité. Parce que la fraternité c'est arrivé à l'Evangile au bas des tours. C'était une personne qui voulait prier Dieu, mais elle ne savait pas comment faire. On s'est dit : “ on va prier avec toi ”. On a trouvé un local, on l'appelle l'Evangile au bas des tours, parce que c’est dans une tour, au rez-de-chaussée.

Pour moi, la fraternité c'est rencontrer des personnes et puis, c'est vrai, depuis quelques années je fais des belles rencontres. Pour moi, la fraternité c'était à Penboch'. On a fait la rencontre de plusieurs religions, le bouddhisme, les protestants, les musulmans. Pour moi, là, c'était la grande fête de la fraternité. Il y a Abraham, on a dit que c'est le père de tous les croyants. Alors quelque part on est frères aujourd'hui ici et puis on est frères aussi avec toutes les religions.

La fraternité c'est quand je vais une fois par mois à la Pierre d'Angle. Il y a la fraternité parce que mon mari a rejoint maintenant la Pierre d'Angle. Et aussi qu'on s'est mariés à l’église. C'était mon rêve. La fraternité aussi, c'est quand je vais au pèlerinage à Lourdes qui est un pèlerinage très beau où on peut prier beaucoup la Vierge. La fraternité c'est beaucoup s'aimer les uns les autres, aller vers les gens qui en ont besoin. Et voilà, pour moi, c'est ça la fraternité.

La fraternité, c'est de pouvoir rencontrer l’autre dans sa souffrance, prendre cette souffrance pour être à sa hauteur. Aller le rencontrer dans les endroits où on ne pense pas pouvoir aller. Oser aller à la rencontre, être à l'écoute de l'autre et apprendre de lui. C'est vraiment aller dans les chemins creux, parce que c'est vraiment ça, la fraternité. Quand on est à l'écoute de l'autre, c'est Jésus qu'on rencontre, puisqu'il est présent dans cette personne-là, puisque Jésus s'est fait pauvre pour nous.

C’est aller au-devant des gens, les aider. Moi, depuis que je suis en retraite, je fais du soutien scolaire dans une famille de Kurdes. Mes enfants, je ne les vois pas beaucoup. Je comble ce manque affectif avec ces petits-là et je me suis attachée à eux. Le petit de CM2 m'a demandé de l'aider à commenter un texte sur Anne Frank. Alors, du coup, on a parlé de la Shoah et du racisme, parce que pour moi la fraternité, c'est : on est tous égaux, faut faire abstraction des différences sociales et raciales.

La fraternité c'est quand Pascale m'a dit qu'il fallait qu'on aille voir l'évêque. Il nous a donné une mission. Je pensais que je n'arriverais jamais à faire cette mission et Pascale m'a dit : “Mais on sera un groupe”. J'ai de l'amitié à donner. Et puis dans ma famille j'ai eu un problème avec mon fils et je l'ai accompagné pour l'aider à sortir de cette maladie, parce qu'il buvait beaucoup. Il ne faisait que des bêtises et j'ai eu la force de tenir, pour dire à Jésus : “ Envoie-moi quelque chose qui pourrait m'aider ”. Et Jésus, je croyais qu'il n’était pas décidé à m'aider, alors je me suis tournée vers Marie. Et c'est Marie qui m'a aidée. Depuis un an, il a arrêté l'alcool et tous les soirs je remercie Marie pour lui. J’aide les autres un par un. Je fais ce que je peux pour aider : la fraternité c'est la tendresse, l'amitié et penser qu’il y a l'Amour de Jésus qui est là.

La fraternité c'est le partage entre nous. Je trouve que depuis que je suis dans ce nouveau groupe on prie ensemble, on fait des choses ensemble. Je trouve que c'est bien de ne pas être seule, de pouvoir voir du monde qui nous aide, et que nous on les aide aussi dans les difficultés, qu’on partage aussi la joie, le bonheur.

Pour moi, la fraternité ce serait d'apprendre de tout le monde et j'apprends tout le temps. Le but c'est partager avec les autres, pas de forcer mais partager, écouter aussi. À Pierre d'Angle on écoute beaucoup. Ça je trouve ça bien. Ça me fait du bien parce que c'est un moment à moi que je partage. J'apprends tout le temps ce que c'est l'évangile, parce que pour moi j'étais bête, je comprenais rien, et aujourd'hui je peux dire que je comprends les choses et je pense que c'est associé au groupe où je vais. Et puis j'ai fait une retraite l'année dernière et j'ai trouvé que c'était super ! C'était intense, mais c'était bizarre, je sais pas trop comment dire.

Moi je suis né d'une famille de 7 enfants. Ma mère était très généreuse. J'ai gardé de son côté le geste de donner. La fraternité c'est donner ce qu'on peut donner. C'est un don qu'on a en soi. On donne et on reçoit. Moi j'ai aidé quelqu’un qui se droguait. Je l'ai pris chez moi. Au bout d'un mois il sentait qu'il redevenait normal. Puis un beau jour j'ai reçu du courrier en m'invitant à son mariage. Ça c'était le plus beau de ma vie, être invité à son mariage !

La fraternité c’est un plus. Un jour on va à Lourdes, on se dit : “ Ça y est, c'est mon rêve qui se réalise ”. J'ai été très sensible, très sensible aussi à l'Eglise quand il y a le geste, la paix du Christ, alors ça c’est … ! Et puis la fraternité c'est d'être tous ensemble, en fait.

Pour vivre une fraternité en lien avec Celui qui nous anime, Jésus, il faut être vraiment en paix avec soi-même. C'est tout un chemin. Quand on est encombré, on n’agit pas de la même façon que quand on a évacué. Il faut avoir été aidé à s'en sortir pour pouvoir redonner un jour ce qu'on nous a donné. C'est en donnant de nous-mêmes qu'on reçoit. J'étais en déplacement à Angers. J'ai rencontré des schizophrènes et des gens très handicapés et je leur ai fait le signe de croix gestué. Eux qui ne voulaient plus venir à l'Eglise se sont retrouvés dans ce geste. Ça leur a redonné de la joie. Je fais tout le temps beaucoup de rencontres mais là, ils m'ont appris plein de choses, c'est vraiment des moments forts et on en repart très riche.

Ce que je vois aux informations, la guerre dans un pays étranger ou les assassinats en France, ça me touche. On est tous frères et sœurs, ça c'est clair et net. Il n’y a qu'un Dieu sur terre, il n’y en a pas 36. On n’a qu'une mère, on n’a qu'un père, on n’en a pas deux. Si on pouvait aider ces gens à comprendre ce qui se passe ces temps-ci.

Quels sont les obstacles pour vivre la fraternité ?

Moi, l’obstacle, c’est que toute jeune j’ai eu le catéchisme, la communion, puis à 14 ans, allez, au boulot ! Ma mère elle a eu 16 enfants. Elle m’envoie de la Normandie en pleine campagne pour monter à Paris pour bosser, et là ma religion elle est restée au calme, quoi. Je me suis mariée avec un breton des Côtes d’Armor et moi j’étais normande. J’ai élevé 4 enfants et puis mon mari, malheureusement, est parti à 58 ans, décédé. Il fallait que je travaille tous les jours et puis le dimanche il fallait faire tout ce qu’on n’avait pas fait dans la semaine à la maison. Et depuis que je suis à la retraite, la fraternité est rentrée. Et là j’ai repris, je suis repartie à la messe. Je fais des réunions comme aujourd’hui. J’avais laissé la fraternité de côté. Je reconnais que j’aurais pas dû, mais ça dépend du chemin qu’on a. Là, j’écoute beaucoup les gens. Nous, on prend les paroles les plus simples pour que tout le monde nous comprenne. Voilà. Alors, l’obstacle a été cette période-là, de pas pouvoir continuer.

J’ai écrit les obstacles, j’ai mis : la violence, le repli sur soi, ne pas accepter l’autre, c’est quand on reste la maison, on ne sort plus, on ne voit plus personne et le repli sur soi, ne pas accepter l’autre comme il est.

Moi, l’obstacle, c’est quand on m’a annoncé que j’avais un cancer. J’en ai eu 4 et je suis incapable de travailler. Mon incapacité, c’est ça. Vu que j’ai arrêté de travailler, j’écoute les gens, je donne, je reçois.

Depuis que je suis arrivé à Locminé, il y a des gens autour de moi qui s’occupent de moi. Quoi qu’il m’arrive, ils seront toujours là pour moi. Et quoi qu’il arrive pour eux, je serai encore là.

C’est beau, tout ce que vous nous dites. Mais j’ai un reproche à faire à ce genre de réunions. C’est tout simplement, on se rencontre, c’est beau, seulement il ne se passe rien. Personne ne donne son téléphone, personne ne s’invite, personne ne demande des nouvelles de l’autre. On se rencontre, le jour même tout le monde est heureux, et il n’y a plus de suite.

C’est vrai, il y a du monde que je retrouve de Lourdes, mais à part ça on se perd de vue. C’est pour ça que j’aime bien revenir pour vous voir, parce que là au moins on se retrouve avec des gens bien. Pour moi, dehors c’est la jungle.

En fait, on vit dans un monde égoïste. Les gens, ils ne regardent pas les autres. Ils passent devant sans les regarder. Pour moi, c’est ça l’obstacle. Nous quand on est à la Fraternité, eh bien, on regarde, on écoute les gens.

Il faut s’aimer pour pouvoir aimer les autres. J’ai eu des difficultés, parce que j’aime mieux les autres que moi. Je me demande si ça ne vient pas de mon enfance. Quand j'étais jeune, j'ai eu un peu la vie de Bernadette, sauf que ses parents s'entendaient et moi pas. Quand on a eu une enfance difficile, on a du mal après. Je me suis mariée et ça n'a pas bien marché non plus. Il a fallu survivre. Ça n'a pas été facile tous les jours, mais je suis encore là. Je ne juge pas mes parents, ils ont connu la guerre, ils ont été malheureux. Mon père a été orphelin à 6 ans. Ma mère a travaillé à 7 ans dans les fermes. Ils ont eu une vie épouvantable, alors au fond, ce n’est pas de leur faute tout ça. Nous aussi des fois, ce n’est pas de notre faute. On a fait ce qu’on a pu.

Quand on n’est pas bien avec soi-même, on devient égoïste. Quand vous êtes atteint par les difficultés de la vie, une mauvaise nouvelle, une facture qui tombe. Moi je me suis vu dire : “Je n’irai pas à cette réunion, là, parce que je ne peux pas laisser mes soucis à la porte. Ils vont m’encombrer l’esprit. On n’est pas des surhommes ”. On devient égoïste et on a besoin d’aller chercher ce médicament chez l’autre qui va essayer de nous remonter le moral en disant : “Mais ça va se passer, je te soutiens”. Mais on ne peut jamais se mettre à la place de la personne qui souffre. On compatit avec elle, parce qu’on sait bien ce qu'elle vit intérieurement, mais on ne peut pas l’aider, et donc ça, c'est des freins.

Quand je me prends la tête dans ma propre famille, est-ce que je suis en phase avec ma foi ? Je sors de l’église et je me prends la tête avec quelqu’un qui est mon frère. Là, je me dis que je ne suis pas en phase avec moi-même, avec ma foi. Il faut que je me remette en question une fois de plus. Et ça, c’est toujours bien de se remettre en question parce qu’on voit l’autre autrement. Et ça permet d’évacuer ce qu’on a.

L’obstacle à la fraternité, c’est le rejet de l’autre, mais il y a plus grave que ça. Il y a l’ignorance de l’autre et c’est ça qui fait les suicides sur notre terre. C’est ça, l’ignorance de l’autre. C’est-à-dire qu’on est ignoré par tout le monde. L’ignorance c’est la pire des choses. C’est pire que n’importe quoi. Et c’est à ça que les gens ne font pas assez attention. Il y aurait moins d’ignorance dans ce putain de monde, ça irait beaucoup mieux. Pensez à ça !

Qu’est-ce qui favorise la fraternité ?

C’est le fait de dire bonjour. Dans mon quartier, il y a un bâtiment où il y a des handicapés mentaux. Je leur dis bonjour. Ils me disent bonjour et ils sont curieux. Ils disent : “ Mais on ne se connait pas ! – Mais ce n'est pas grave, je peux te dire bonjour pareil !”. Pour moi, c’est le premier geste de paix, de fraternité qu’on puisse avoir.

C'est le sourire aussi. Depuis que j’ai ma canne fleurie, quand je rencontre des personnes qui ont une canne, on échange un sourire tout de suite. C’est automatique et ça fait du bien !

A Rennes, au Secours Catholique, comme ils ont une salle à eux, tous les dimanches ils font un repas. Ils s’entraident. Il y a une responsable, chacun donne un petit peu d’argent. Comme ça les gens ne sont pas seuls. C’est juste à côté du presbytère et le prêtre vient les voir. Si vous pouvez trouver un local et faire une petite chose comme ça …

Juste un peu avant Pâques, j’ai fait un témoignage de ce qu’était la Pierre d’Angle pour leur montrer qu’il y a des associations autour de la paroisse qui viennent s’intégrer dans l’Eglise. Si on ne va pas leur transmettre quelque chose, ils ne sauront pas. C’était un moyen aussi, au moment de Pâques, de venir dire : “ Voilà, nous sommes des gens d’une association qui s’appelle Pierre d’Angle ”, ça pourrait être aussi l'Evangile au bas des tours ou autre chose. Mais il faut toujours aller oser rencontrer les gens, construire une passerelle pour aller rencontrer les autres.

Moi, en fait, c’est dire bonjour, faire des sourires et surtout écouter les gens parce que des fois je suis à l’arrêt de bus et les gens ils parlent, moi je ne dis rien. J’écoute, je les écoute parler, je ne dis rien mais après, ça nous fait du bien à nous.

Ce qui favorise la fraternité, c’est l’amitié, c’est les amis, être forte. C'est les personnes à qui on peut demander et qu’on peut aussi soutenir quand il y a quelque chose qui ne va pas.

Moi je vais dire des mots en une petite phrase : la politesse, sourire aux autres, la gentillesse, le sourire, la rencontre, l’hospitalité, l’honnêteté, l’expérience de la vie, partager, célébrer, écouter, aider.

Je suis dans une visite avec des malades. J'ai travaillé un peu en tant que bénévole avec eux pendant 2 ans. J'ai réussi à créer des liens avec certains, mais beaucoup avec les handicapés. J’ai sympathisé avec des personnes qui n'arrivent pas à parler, qui avaient du mal, qui s'énervaient pour s'exprimer. Et moi, quand je venais à côté d'eux, je les ai amenés tranquillement, en leur parlant doucement, à ce qu'ils me montrent ce qu'ils voulaient faire, ce qu'ils voulaient dire. Moi je faisais marquer sur un papier, je le relisais à tout le monde. Ça, c'est une preuve de fraternité. C'est aussi parler avec les gens de la rue parce qu'il y en a beaucoup qui manquent de parler, peut-être pas forcément parler, mais leur dire bonjour, ou un sourire, leur demander comment ils vont, leur faire bonjour et un sourire. C'est le plus grand moment, c'est le plus beau soleil qui peut exister à ce moment-là. C'est vrai, ça. Je ne peux pas dire plus.

Comment Jésus a-t-il vécu la fraternité ? Pourquoi on définit l’Église par le mot fraternité ?

D’abord il n’y a pas que l’Église pour la fraternité. La fraternité c’est l’homme, l’être humain lui-même. Il ne faut pas penser que l’Eglise. Ça c'est important pour moi de le dire.

Moi, j’aime bien parler de Jésus, la fraternité, c'est quand il dit aux apôtres : “Je vais vous donner une nouvelle prière, c'est le Notre Père”. C'est qu'on a tous le même père. C'est cette parole-là que je retiens. C'est tout un chacun qui se retrouve comme son fils, comme le fils de Dieu. Et puis quand il fait le lavement des pieds. Au début, c’était le maître, c'était Lui qu’on devait suivre. Il disait aux apôtres : “ Suivez-moi !”. Et puis là il leur dit : “ Maintenant je ne suis plus le maître, je suis votre ami, votre serviteur aussi.” Et puis après la résurrection, il a eu (Voir la 1ère lettre de Pierre 5, 9 « soyez fermes dans la foi, sachant que les mêmes souffrances sont réservées à votre Fraternité. »)

un autre mot, carrément : “mes enfants”. C’est comme un chemin : au début il est le Maitre, puis il est devenu le serviteur, puis après la résurrection, quand il a retrouvé ses amis, sur le chemin d’Emmaüs, ou encore sur la plage, où les apôtres étaient en train de pêcher, il dit : “ Mes enfants qu’est-ce que vous avez à manger ?” C’est là que les apôtres le reconnaissent et puis l’Esprit Saint a travaillé pour faire reconnaitre que c'était lui, le Seigneur. Puis la multiplication des pains et des poissons.

La première fois que je suis allée en réunion à Pierre d’Angle, une parole m’a beaucoup marquée: "Seigneur pardonne-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu’ils font". Et à l’époque, j’étais en conflit avec mon fils et ma belle-fille. C’étaient des réflexions sans arrêt. C’est mon attitude à moi qui a changé, parce que j’essaye d’excuser pour que mon fils soit heureux, ça m’a beaucoup apaisée de pouvoir pardonner, de pouvoir faire preuve d’empathie.

Moi, je crois que Jésus a vécu la fraternité en se faisant pauvre parmi les pauvres, c’est ce qu’il voulait, pour être au plus près de son peuple. Tout ce qui découle de cette image qu’on a de Jésus, quand on pense à Joseph Wresinski, à Sœur Emmanuelle, à l’Abbé Pierre, tous ces gens-là se sont mis en phase avec les plus pauvres pour pouvoir les servir. C’est ça l’image de Jésus. Moi, ce que je retiens, c’est qu’il a vécu la fraternité comme ça, tout au long de sa vie sur terre en tant qu'homme et on reconnait celui-là sur la croix, quand on fait le Notre Père.

Dans l’Évangile, Jésus va chez les autres et puis il mange avec eux. Je crois que le repas, le manger, c’est important. Sinon on ne fait pas connaissance. Le rassemblement autour de la table, le repas, c’est important parce que Jésus a dit aussi :

“ Prenez et mangez ”. Il n’a pas dit : “ Restez entre vous et parlez seulement ! ” Ah non ! “ Prenez et mangez et faites ceci en mémoire de moi” Pas seulement “ mangez” mais " faites la fraternité, aimez-vous les uns les autres, faites comme moi, guérissez les malades ". Voilà.

J’ai eu beaucoup de problèmes, maintenant ça va mieux, mais j’ai une amie à côté de chez moi qui va à l’église, à chaque fois elle m’appelle pour me dire les heures de l’église. C’est dans une petite salle, on se réunit avec un prêtre. Elle vient aussi me chercher pour aller au foyer logement prier avec les petites personnes âgées. Et puis j’aime bien aller à l’église pour prier. Des fois j’y vais seule et j’ai l’impression que Jésus m’entend, me parle. Je vais à l’église pour remercier le Seigneur et tous les matins j’allume ma bougie pour dire que je suis là et je prie pour ma famille.

Ben moi je dirai, quand je vais à l’Église et qu’il y a plein de monde, ça me booste. Souvent je me dis que je suis toute seule, en fin de compte, non. Quand je vais à l’église, aux célébrations, quand y a plein de monde, c'est vraiment fraternel. Y a des moments aussi où j’y vais toute seule avec ma petite fille pour prier.

Quand on est à la messe et qu’on fait le Notre Père en se donnant la main, c’est très fort. Et quand on se donne le geste de paix, ça c’est formidable. Ces deux moments sont importants et celui de l’eucharistie. Le moment de l’eucharistie pour moi c’est quelque chose de central, c’est vraiment être dans le silence et recevoir ce Christ qui nous porte.

Le Réseau Saint Laurent est soutenu dans son organisation par le Secours Catholique, service d’Eglise qui exprime ainsi sa volonté, de s’associer de manière active au Réseau Saint Laurent dont l'action réunit l'amour des pauvres et l'amour de l’Évangile.

 

 

 

 

 

 

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