Portrait d’un sonneur

Giovanni, ambassadeur à La Cloche depuis trois ans. Ce qui lui a plu dans cette association c’est la notion d’accompagnement.

 

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Giovanni, j’ai 25 ans, je suis Ambassadeur à La Cloche depuis 3 ans. J’ai commencé au lancement du 10ème arrondissement à Paris. De temps en temps, je me fais des petites rétrospections et je me demande ce que la vie m’apporte, ce que le Carillon m’apporte : j’essaye de me rappeler tous les événements, les bons comme les mauvais. J'ai déjà participé à plus de 250 événements ! J’aime le cinéma, la boxe et l'entreprenariat solidaire.

Comment as-tu découvert la Cloche ?

J’avais fait un peu de bénévolat avec Bruno, un bénévole des restos du Coeur et Aude, responsable au café de rue au secours catholique. Ils m’ont dit qu’il y avait une association qui avait exactement la même vision des choses que moi et que je pouvais y devenir bénévole.

Je suis donc allé à mon premier événement, le lancement du 10ème. Le soir même, j’ai rencontré la plupart des gens de l’association, et c’était le coup de foudre ! Quelques jours après, j’ai rencontré Laura qui m’a juste dit : moi je ne te promets rien, je te propose juste de faire un bout de chemin ensemble et de voir à quoi ça nous mènera. Cela fait maintenant 3 ans qu’on poursuit le chemin !

Ici, ce n'est pas vraiment une équipe parce que ça part et ça revient constamment. Pour moi, La Cloche c’est vraiment un état d’esprit, qui est bien plus cool qu’ailleurs. Ces deux ans ici ont été à la fois les pires moments de ma vie mais aussi les meilleurs. Ce sont les seules fois où je me suis poussé mentalement, émotionnellement et physiquement. Quand je suis arrivé, il y avait parfois 3 événements dans la même journée ! C'était vraiment extraordinaire pour moi.

Quels types d’actions as-tu réalisé avec La Cloche ? 

Je représente la rue en faisant beaucoup d'événements de sensibilisation : des forums d'associations, des festivals, des villages solidaires, des stands aux événements partenaires.

Pour moi mon rôle c’est sensibiliser, communiquer et représenter le monde de la rue. Et surtout m’éclater !

 Peux-tu décrire la situation dans laquelle tu étais avant la rencontre avec la Cloche puis décrire celle dans laquelle tu es actuellement ?

Tu vois quand tu creuses un trou et que t’es tout au fond ? Et ben moi, j’étais encore plus au fond. La Cloche m’a accompagné pour “ sortir de mon trou”. Ils n'ont rien fait à ma place, c’est ça qui m’a fait du bien ! Quand on sort de la rue, c’est comme un marathon. Moi, je vois la Cloche comme ceux qui sont sur le bord de la route et qui donnent des bouteilles d’eau aux coureurs, ceux qui t’encouragent et te motive. Ils ne peuvent pas courir à ta place mais ils sont toujours là. 

Tout le monde parle de lien social, toutes les associations prétendent en faire. Mais pour moi, le lien social ce n'est pas juste d’aider une personne. La Cloche ne m’a jamais rien promis, jamais un logement ou un job, ils m’ont laissé me débrouiller ! Chaque fois que tu vas à un événement de l’asso tu te sens mieux, même si tu sais que tu vas retourner dans ton duvet sale le soir.  Au lieu de voir tout ce qui est négatif, tu repenses aux moments positifs qui sont de plus en plus présents. 

Est-ce que ton expérience bénévole t‘a aidé à aller vers les autres ?

Mon état d'esprit avant c'était de penser qu’une personne était forcément insignifiante. Je m’en foutais de tout. C’est à La Cloche que l’on m'a dit que les personnes ne sont pas insignifiantes, elles ne comprennent juste pas. C’est à ce moment que j’ai changé mon état d’esprit. Je me suis dit qu’au lieu de détester le monde qui m’entoure, je devais aller vers eux pour qu’ils comprennent ou qu’ils essayent de comprendre. Je vais prendre ma propre expérience pour témoigner, pour dire que la rue ce n'est pas que les clichés. 

On dit que les gens ont plein de clichés sur le monde de la rue. Mais il faut savoir que la rue à plein de cliché sur le monde “ normal” aussi ! Par exemple, j’avais plein de clichés sur le monde du travail.

À l’heure actuelle j’ai rencontré des cadres, des commerçants, des bénévoles qui ont des boulots que je ne soupçonnais même pas et que je kiffe ! Sans la Cloche, je ne leur aurais peut-être jamais parlé, parce que je pensais qu’un monde entier nous séparait.

 Dirais-tu que tu as appris grâce à ton expérience en tant que bénévole ?

Avec la Cloche, j’ai appris tellement de choses, je ne sais pas par où commencer ! J’ai organisé une radio, j’ai été caméraman, j’ai fait du montage son, j’ai organisé des événements, je connais par cœur les droits des migrants, des femmes, les droits communs, les dispositifs sociaux. Je sais orienter les gens parce que je connais au moins 250 associations parisiennes.

La Cloche m’a fait sortir de mon petit nombril et j'ai découvert le monde. Et je le veux ce monde !

Qu’est-ce que tu penses avoir apporté à l’association ?

Je pense que c’est de la réciprocité.

Ils te donnent autant que tu donnes, et tu reçois autant que tu donnes. Je pense qu’ils m’ont beaucoup soutenu mais que je les ai beaucoup soutenus aussi quand ils étaient en galère. Ils m’appellent et je suis là. Ce n'est vraiment pas à sens unique, tu te rends même pas compte que tu donnes, c’est naturel.

Association La Cloche

Droits photos : Association La Cloche

 

 

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