« Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal »

Atteint par la covid 19 en 2020, Pierre-Olivier a vécu une expérience spirituelle. Il a expérimenté la réalité de « Jésus doux et humble de cœur », et sa proximité bienveillante et efficace.

 

Je m’appelle Pierre Olivier Lecomte. J’ai 54 ans, je suis marié et père de six enfants. J’ai contracté le Covid 19. En quelques jours, j’ai développé un syndrome respiratoire aigu qui m’a conduit en réanimation le 25 mars. Pendant plusieurs jours, j’ai été en « état critique, phase aigüe », ma vie ne tenant qu’à un fil. Je voudrais vous témoigner de quelques aspects de mon expérience.

Physiquement, j’étais dans une situation très éprouvante : fièvre, céphalées, fortes courbatures qui m’ont figé comme une statue pendant plusieurs jours. Le moindre tremblement provoquait des douleurs supplémentaires et une tétanisation. Une fois la respiration bloquée, le taux d’oxygène dans le sang baissait malgré le masque à pression d’oxygène positive. Le sommeil artificiel permettait par intermittence un peu de repos.

Alors que mon corps, ma sensibilité, mon émotivité étaient fortement éprouvés, je me suis trouvé dans un état particulier de conscience. Je ne ressentais plus aucune douleur, ni aucune inquiétude. J’étais en fait très apaisé. Depuis le début des symptômes, j’étais dans une attitude intérieure d’acceptation de ce qui se présentait, sans colère, sans crainte, peut-être par inconscience du danger, certainement aussi parce que j’étais déjà mystérieusement porté par la grâce à accepter les douleurs, dont les courbatures et l’asphyxie, sans révolte.

C’est dans ces dispositions intérieures que j’ai perçu la présence de Jésus à côté de moi, à mon chevet, ou plutôt en face de moi, au pied de mon lit de souffrance. Il n’est pas facile de dire avec des mots la proximité de Jésus et l’intensité de sa présence. Ce qui m’a fortement touché et me bouleverse encore, c’est combien Jésus est doux et humble de cœur.
Je connaissais bien ces mots, « Jésus doux et humble » mais là, j’ai été touché par sa réalité à Lui, Jésus, sa douceur, sa délicatesse, son humilité. Et encore, je n’ai perçu qu’une infime parcelle de cette infinie douceur et de cette humilité. A ce moment-là, il m’était possible de Le suivre. Pas d’invitation, pas d’obligation de sa part. Il était là et j’étais parfaitement libre. J’ai alors éprouvé une grande tristesse en pensant à ma famille, à mes proches. J’étais affligé en pensant à leur peine, à leur désarroi si je venais à mourir. Sans mots, j’ai dit que « ce serait trop difficile pour eux et que je pouvais peut-être encore leur être utile ».

Durant ces jours et ces nuits dantesques où mon corps luttait contre le virus, il me revenait en mémoire des versets du psaume 22 : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es près de moi, ton bâton, ta houlette me guident et me rassurent ». Ou encore des prières inspirées par des textes souvent entendus et chantés : « Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je, le Seigneur est mon salut, mon bouclier, mon roc, ma citadelle, en Lui je ne manque de rien ». Je n’ai pas une très bonne mémoire mais les prières, les versets connus par cœur ont pu à ce moment-là exprimer parfaitement ma prière.

Un soir, on me donne un médicament effervescent à boire. Or je n’avais rien mangé ni bu depuis plusieurs jours. Ce breuvage m’a immédiatement causé une douleur importante à l’estomac. Cette douleur supplémentaire était telle que j’ai su que je ne pourrais pas la supporter très longtemps. J’ai donc supplié Jésus: “Jésus, impose-moi les mains sur mon estomac”. Instantanément la douleur a disparu. Le lendemain matin, on me redonne le même médicament. Cela provoque la même douleur. Nouvel appel à Jésus et de la même manière, la douleur a immédiatement disparu. Une fois de plus le Seigneur me donnait un apaisement du corps et, pour cela, un cœur débordant de gratitude. Je me suis rappelé cette parole de Jésus: “ Que veux-tu que je fasse pour toi ?”. Jésus pose cette question à chacun de ceux qui se tournent vers Lui et Le cherchent de tout leur cœur.

A un moment, dans une phase de conscience particulière, j’ai été frappé par une image, celle d’un trapéziste qui se lançait dans le vide alors qu’il n’y avait personne pour lui tendre les bras, cette vision étant accompagnée d’un “sentiment” d’inquiétude. “Baissant les yeux”, je voyais un filet de corde bien solide en-dessous. Je fus rassuré. Le trapéziste ne tomberait pas dans le vide noir sans fond. J’ai eu l’intuition que ce filet représentait la prière des frères, des chrétiens autour de moi.

Une autre image m’a été donnée, celle d’un désert traversé par un canyon sans fond. Un pantin couché sur le dos planait au-dessus de ce désert, en direction du gouffre, pour passer de l’autre côté. Alors qu’il se trouvait au-dessus du gouffre, le pantin s’immobilisa. Il ne tombait ni ne passait de l’autre côté. Il resta alors suspendu au-dessus du vide, retenu par des fils et j’ai su que ces fils, c’était les prières adressées à Dieu pour moi par de nombreuses personnes. J’ai alors eu la certitude que la prière était entendue de Dieu.

Je remercie avec beaucoup de gratitude les personnes qui se sont adressées à Dieu pour ma famille et pour moi. Je sais que ces nombreuses prières, les messes célébrées pour nous, à mon intention ont porté beaucoup de fruits. Je ne sais pas combien de personnes ont prié, j’ai pu découvrir les semaines suivantes qu’elles furent nombreuses, mais qu’importe le nombre. Quand bien même il n’y en aurait eu qu’une seule qui ait prié avec cœur et ferveur, Dieu l’aurait entendue. J’ai saisi que quelle que soit l’expression extérieure, quels que soient la forme et le rite visibles, nos prières sont écoutées par Dieu. Il y est attentif et quand on s’adresse à Lui de tout notre cœur, Il se laisse toucher. Quand on prie pour une personne malade, Lui qui est amour, Lui qui est doux et humble s’approche de ce malade. Je vous dis cela pour vous conforter et pour vous encourager à continuer de prier. Priez pour les malades et aussi priez pour les soignants.

Pour avoir été entre les mains des soignants pendant deux semaines, je peux vous assurer que ce sont de véritables héros. Si je n’étais pas passé en réanimation, je n’aurais pas su à quel point ce qu’ils font dans des conditions extrêmement difficiles est remarquable. Quand ils entrent dans une salle covid, ils vont au contact du virus que nous rejetons de nos pauvres poumons malades et ils doivent d’abord s’équiper : masques, gants, tabliers, sur-blouses, visières , puis auprès des malades travailler et effectuer des manipulations multiples, parfois délicates. Alors il est très important de prier pour eux afin qu’ils soient aidés par Dieu dans leur travail. A plusieurs reprises, l’attention, la délicatesse, la bienveillance des soignants m’ont énormément touché, et j’y ai vu directement la main de Dieu agissante pour moi. Merci de prier pour les soignants. Ma gratitude envers Dieu de les avoir mis à mes côtés, ma gratitude envers ces personnes est grande. Comment rendrais-je à Dieu tout le bien qu’Il m’a fait ?

Témoignage d'un malade de la Covid

Source : Communauté de l'Emmanuel

 

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