De plus en plus de jeunes étudiants auront besoin d’être aidés

Yanaël, 22 ans, est arrivé à Toulouse en septembre 2018 pour finir sa licence de Musicologie commencée à Bordeaux où il résidait avec sa mère et son frère. Il a trouvé un soutien auprès de la Conférence jeunes de Toulouse pour mener de front sa vie d’étudiant, loin de sa famille.

 

Actuellement, étudiant en musicologie à Toulouse, Yanaël a intégré le conservatoire dans la section Jazz en tant que pianiste. Durant la période 2018-2019, alors qu’il habitait dans une résidence universitaire, il a découvert le foyer de la Conférence jeunes Pier-Giorgio-Frassati à 2 minutes de là.

J’espère que la crise éveille un peu d’altruisme en chacun.

Un jour, une amie de la résidence m’en a parlé et m’a invité à y faire un tour. De famille modeste, j’avais déjà pris l’habitude d’essayer de réduire mes dépenses, qui pouvaient être élevées, surtout dans le cadre de la pratique musicale de haut niveau (instruments, cours particuliers). Je m’y suis donc rendu la semaine même, et j’ai été chaleureusement accueilli par Marvin et Laurence (que je remercie sincèrement). Ils m’ont proposé un colis alimentaire avec du riz, du thon, du lait, des céréales, des conserves et toute sorte de denrées et m’ont invité à passer un moment de détente avec les personnes présentes autour de quelques apéritifs et de jeux de société. Depuis, je reviens régulièrement. »

S’ADAPTER AU CONFINEMENT

Le confinement lié à la pandémie de Covid-19 a chamboulé les habitudes et les projets de Yanaël : « Évidemment, le confinement m’a obligé à renoncer à ce sympathique rendez-vous du mercredi soir au foyer de la Conférence. Mais ayant tout de même eu le temps de rentrer à Bordeaux, j’ai plutôt bien vécu cet épisode, accompagné de mon frère et ma mère. Au début, j’ai eu du mal à me motiver pour travailler, car je savais que je n’aurais pas d’obligations scolaires avant un bout de temps. Le plus difficile pour moi fut de renoncer à un concert longuement préparé et à mes amis de l’église avec qui je passais de très bons week-ends. Cependant, je ne souhaitais pas me laisser submerger par l’ennui et entrer en dépression. Je me suis donc mis au travail, j’ai augmenté mon niveau personnel au piano et j’ai achevé mon travail préparatoire de recherche pour la fac. Aussi, j’en ai profité pour me rapprocher de Dieu ou encore partager à mes amis ce que j’ai pu comprendre de lui.

Toutefois, je serai peut-être lésé sur le court/moyen terme, car j’ai arrêté d’enseigner la musique durant le confinement, et il peut être compliqué de retrouver des élèves, surtout en période de crise économique. »

UNE QUESTION D’ÉQUILIBRE

Comment rebondir dans un contexte aussi particulier ? « J’espère par la grâce de Dieu, ne pas avoir de difficultés à boucler les fin de mois l’année prochaine, mais je suis certain qu’en cas de souci, je trouverai encore de l’aide auprès de l’équipe de la Conférence. Je ne peux que faire l’éloge du travail, de la générosité des membres de la SSVP, car ayant fait du bénévolat, je sais que l’investissement peut être éprouvant et stressant. Pourtant, depuis que je les connais, je n’ai vu que des sourires, de la bonne humeur et des gens prêts à donner de leur personne pour le bien-être des autres. Et j’ai vu que la SSVP accordait autant d’importance à la dimension humaine qu’à la dimension pratique. Cela m’a sauté aux yeux quand j’ai été absent une fois et que la semaine d’après, la remarque m’a été faite par des personnes attentionnées, qui se sont assurées que tout allait bien pour moi. »

UNE PRÉCARITÉ CROISSANTE

Malgré sa lucidité sur les difficultés engendrées par la crise, Yanaël garde la foi et reste optimiste sur l’avenir : « Les temps qui courent présagent que de plus en plus de jeunes étudiants ou de personnes en général, auront besoin d’être aidés. Il est certain que les étudiants ont du mal à gérer leurs économies, leurs études, à tisser des liens sociaux… Et ça n’aide pas s’ils prennent un job pour arrondir les fins de mois. Cette période singulière n’arrange rien, car elle se solde par une augmentation du coût de la vie, et plus de difficultés à trouver du travail. Si je m’autorise à rêver, j’espère que la crise qui nous frappe éveille un peu d’altruisme en chacun, et de nombreux sentiments qui rapprochent les gens, et honorent notre Créateur. J’encourage donc ceux qui le peuvent à expérimenter le bénévolat, car c’est un grand accomplissement que de rendre le monde meilleur, même à notre échelle, même pour peu de temps. » « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes des Apôtres 20, 35) » 

Propos recueillis par Anne-Marie Tossou, rédactrice en chef

Société Saint Vincent de Paul

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