" Fratelli tutti ", un outil pour la construction de la paix

Cette encyclique du Pape François a fait l’objet d’une présentation approfondie début octobre 2020 Salle du Synode, avec plusieurs intervenants dont le cardinal Parolin et un conseiller du Grand-Imam d'Al-Azhar.

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a développé une réflexion sur la place de la fraternité dans les relations internationales, qui doit s’exprimer dans des « actes concrets ». « L’encyclique nous rappelle l’intégration entre pays, le primat de la règle sur la force, le développement et la coopération économique, et, surtout, l’instrument du dialogue vu non pas comme un anesthésiant ou pour des retouches occasionnelles», mais comme la plus efficace des armes. « Le dialogue détruit les barrières du cœur et de l’esprit, il ouvre les espaces pour le pardon, il favorise la réconciliation ».

La fraternité n’est donc pas seulement un effort individuel, mais elle constitue « un parcours ascendant déterminé par cette saine subsidiarité qui, en partant de la personne, s’élargit jusqu’à embrasser la dimension familiale, sociale, étatique, jusqu’à la communauté internationale », a expliqué le cardinal Parolin. Ainsi peut-on construire une « gouvernance » plus collégiale dans les organisations internationales, à l’image de cette dynamique de synodalité que le Pape cherche à promouvoir au sein de l’Église catholique.

L’enjeu est donc de bâtir une « culture de la fraternité » à travers laquelle « le Pape François appelle chacun à aimer l’autre peuple, l’autre nation, comme la sienne, et ainsi à construire des relations, des règles et des institutions, en abandonnant le mirage de la force, des isolements, des visions fermées, des actions égoïstes et partisanes », car un monde meilleur ne peut pas se bâtir par l’addition des intérêts particuliers.

Persévérer dans les efforts pour un dialogue interreligieux authentique

Pour sa part, le cardinal Miguel Angel Ayuso Guixot, président du conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, a dit son émotion à la lecture du chapitre huit de l’encyclique, sur « les religions au service de la fraternité dans le monde ». Il a rappelé les efforts intenses menés par le Pape pour persévérer dans la vie du dialogue « afin que l'oxygène de la fraternité puisse entrer au cœur du dialogue entre personnes de traditions religieuses différentes, entre croyants et non-croyants, et avec toutes les personnes de bonne volonté », et ce dans la pleine continuité de la mission de l’Église, à la lumière du Concile Vatican II. « Le Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, signé par le Pape et par le Grand Imam d'Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb le 4 février 2019 à Abou Dhabi, a représenté un jalon sur la voie du dialogue interreligieux, et qui n’en marquait ni le début ni la fin. Nous sommes en chemin ! », a répété le cardinal Ayuso.

« D’un regard clairvoyant et miséricordieux, Fratelli tutti nous exhorte à fouler le terrain commun de la fraternité humaine. Ce terrain commun est une vérité ancienne, mais qui peut sembler nouvelle dans le monde qui nous entoure, souvent atrophié par l'égoïsme. Les croyants de différentes traditions religieuses peuvent vraiment apporter leur contribution propre à la fraternité universelle dans les sociétés où ils vivent », a-t-il insisté.

Vivre son identité dans le « courage de l’altérité » est le seuil que l'Église du Pape François nous demande aujourd’hui de franchir. « Nous sommes donc membres d'une même famille et nous devons nous reconnaître comme tels, humains, défendre l'égalité de tous. Nous sommes des croyants qui avons des visions différentes et nous ne devons pas renoncer à notre propre identité, mais nous devons appeler à une plus grande authenticité dans les relations », a expliqué le cardinal Ayuso.

Source : Vatican News

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