Le référent diocésain à l’écologie intégrale : veilleur de la « maison commune »

 

Trois questions à Elena Lasida, chargée de mission Écologie et Société pour la Conférence des évêques de France 

 

Qu’est-ce qu’un référent diocésain à l’écologie intégrale ?  

C’est une personne ou un groupe qui reçoit la mission de l’évêque d’accompagner la réception de Laudato Si’ dans son diocèse et d’y favoriser la conversion écologique. 

Le référent n’est pas le spécialiste écologie du diocèse. Sa mission n’est pas liée à son expertise sur la question écologique. Evidemment il s’agit des personnes très sensibles à cette dimension mais qui vont aider avant tout les communautés locales à s’inscrire dans une démarche d’écologie intégrale. 

Il est ainsi un « passeur » ou « relieur » car il crée du lien dans la communauté entre des personnes et des groupes qui n’ont pas l’habitude de se croiser ou de travailler ensemble (relation aux autres). Favorisant leur relation avec tous les êtres vivants (relation à la nature), il aide chacun à relier ces relations avec sa foi (rapport à Dieu) et avec son parcours personnel (rapport à soi). 

Il veille à la qualité relationnelle de la communauté dans toutes ses dimensions (tout est lié). Le référent n’est pas un expert, mais un facilitateur de communion, un veilleur de la « maison commune ». 

Que fait-il concrètement ? 

Homme ou femme de communion, le référent écologie intégrale travaille souvent en groupe et conduit sa mission de manière collective.  

Déclencheur d’initiatives plutôt que porteur de projets, il visite, suscite, incite.  

Il crée des lieux de rencontre et d’échange pour s’informer et échanger sur la question écologique en général et sur Laudato Si’ en particulier. Le référent mobilise notamment les communautés pendant la « saison de la Création » (1/9 au 4/10 de chaque année) en soutenant l’organisation des célébrations autour de la Création ainsi que des randonnées ou des rencontres en nature pour pratiquer ensemble la contemplation. Il aide la mise en place d’initiatives communautaires en faveur de la conversion écologique : jardins partagées, recycleries solidaire, composte communautaire, covoiturage pour le déplacement à la messe ou à des rencontres, etc.  

Et pour cela, il se sert notamment du « label Eglise verte », qui à travers un autodiagnostic permet aux communautés des découvrir des leviers d’action en termes d’écologie intégrale et de s’inscrire dans un processus progressif de conversion communautaire. 

Le réseau national de référents à l’écologie intégrale  se réunit une fois par an et met actuellement en place une plateforme pour mutualiser des ressources et des initiatives. 

Comment réagissent-ils à la crise du COVID-19 ? 

Le confinement obligé par la crise sanitaire a fait prendre des mesures au niveau politique et au niveau des modes de vie qui résonnent fortement avec le type de conversion proposé par Laudato Si’ : la décélération de nos rythmes de vie, la créativité en termes de solidarité à cause de la vulnérabilité généralisée, la valorisation des services qui privilégient la relation mais qui sont souvent dévalorisés au niveau monétaire et de reconnaissance sociale (les soignants, les éboueurs, les caissières de supermarchés, …).  

Nous avons vécu une expérience nouvelle au niveau individuel et collectif.  Avant de dire ce qu’il faudrait faire ou pas faire, les référents à l’écologie intégrale sont invités à proposer dans leurs diocèses de créer un espace de réflexion et discernement individuel et collectif, pour bien identifier ce que la crise a révélé par rapport à ce qui est essentiel dans nos vies, et décider conjointement des actions en conséquence, sur ce qu’on voudrait arrêter de manière définitive et ce qu’on voudrait déployer. C’est ainsi qu’un « exercice d’auto-descripton : où atterrir après la crise ? » inspiré de l’initiative lancée par le philosophe Bruno Latour,

Source : Conférence des Evêques de France

 

 

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