« Les jeunes devraient être les premiers bénéficiaires de la démarche écologique »

21/09/2020

Hélène Noisette, sœur auxiliatrice, travaille au Ceras (Centre de recherche et action sociales, fondé et dirigé par les jésuites). Cette structure, issue du christianisme social, a pris fortement conscience de la nécessité de réfléchir à la transition écologique de nos sociétés au nom même de son souci des plus pauvres.

 

Elle est depuis le début une des associations partenaires du label Église Verte. À ce titre, elle est dans le comité de pilotage d’Église Verte et plus particulièrement chargée de la déclinaison « jeunes ».

Depuis septembre 2017, le label Eglise Verte permet à des communautés chrétiennes d’entrer dans une démarche écologique. Pensé pour des paroisses, il a rapidement été utilisé par d’autres types de communautés : centres d’accueil, monastères, mouvements de jeunes… L’idée est donc née de travailler des « déclinaisons » plus spécifiques à tel ou tel type de structure.

Il était clair que les plus jeunes devaient être parmi les premiers bénéficiaires de ce travail : ils sont plus sensibilisés que leurs aînés et les défis majeurs qu’ils auront à affronter dans leur vie familiale, sociale et professionnelle interrogent nécessairement leur foi : si l’Église ne les rejoint pas dans ces questionnements, doutes et espérances, elle reste à côté de leur vie !

Un groupe de travail œcuménique s’est donc constitué pour réfléchir à une déclinaison du label Eglise Verte qui serait plus spécifiquement destinée aux ados et jeunes adultes (entre 11 et 25 ans) : aumôneries de collèges, de lycées ou d’étudiants, mouvements de jeunes, centres d’accueil particulièrement ouverts aux jeunes…

Nous avons commencé par interroger la dizaine de groupes de jeunes déjà labellisés : les aumôneries d’étudiants qui ont réagi ont montré combien l’écologie intégrale les motivait et nous ont invités à intégrer davantage les dimensions sociales, économiques, humaines de l’écologie de Laudato si’ dans le questionnaire. Car, si les gestes individuels environnementaux sont relativement connus de cette tranche d’âge, les étudiants s’interrogent par exemple sur la possibilité qu’une aumônerie les aide à réfléchir sur les choix, le sens… de leur futur métier. On peut penser au « Manifeste étudiant pour un réveil écologique » paru en 2019. Un certain nombre d’entre eux témoignent qu’il ne leur est plus possible de penser travailler dans des entreprises ou structures en décalage avec leur espérance d’une société plus durable et inclusive.

Nous avons ensuite sollicité des partenaires : Aumônerie de l’enseignement public, Ecclesia Campus, Service national de catéchèse et catéchuménat, Mouvement eucharistique des jeunes, Scouts et Guides de France, Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France, commission jeunesse de la Fédération protestante de France et la Maison des jeunes St Vincent de Paul à Paris. Les Scouts et Éclaireurs, déjà très avancés dans leurs pratiques et réflexions, ont été très précieux en mettant à disposition de la démarche « jeunes » d’Eglise Verte de très nombreux outils d’éducation, animation, formation… Interpellés par les jeunes et adultes de leur mouvement, les Scouts et Guides de France se sont ainsi engagés dans une démarche globale afin de réduire leur empreinte carbone et éduquer au respect de l’environnement, la solidarité, la générosité, le long terme et la sobriété.

Finalement, ce sont même deux propositions pour les jeunes qui ont été créées : une démarche « Pollen d’Eglise Verte » et une labellisation « Eglise Verte – jeunes » afin de mieux prendre en compte la diversité des groupes de jeunes chrétiens.

La démarche Pollen s’adresse plus particulièrement aux groupes de collégiens et lycéens (11-17 ans)

qui se réunissent dans les locaux de leur paroisse ou église locale. Le label Eglise Verte ne leur correspond pas vraiment car il contient des questions sur lesquels ces groupes de jeunes « n’ont pas la main » (sur les bâtiments, terrains…). Aussi, la démarche Pollen se veut-elle une proposition simplifiée qui leur permet de réfléchir à un cheminement écologique pour leur groupe en prenant en compte les éléments sur lesquels « ils ont la main » (alimentation, déplacements…) et de s’intéresser à la manière dont leur paroisse prend en considération ces questions écologiques pour l’aider à aller plus loin. Les jeunes deviennent ainsi des initiateurs de changements, comme autant de grains de pollen qui assureront la propagation de nouvelles paroisses vertes !

Pour les centres d’accueil et groupes de jeunes ayant des locaux propres, étudiants pour la plupart (18-25 ans), le label Eglise Verte est plus adapté.

L’éco-diagnostic a cependant été retravaillé à partir des remontées d’aumôneries déjà labellisées. De là est né le label Eglise Verte – jeunes.

Ces démarches seront mises en ligne la semaine prochaine sur le site egliseverte.org. Invitation est faite à tout groupe de jeunes chrétiens d’entrer dans la danse ! Les plus belles initiatives qui découleront de la démarche Pollen seront mises en valeur et récompensées en mai-juin 2021.

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