Résister, au nom de la dignité de notre humanité commune

14/04/2021

Des réfugiés de " passage " en France ont fui leurs pays ... Exilés, ils sont reçus avec réticence et dureté pour ne pas attirer d’autres candidats au voyage : évacuations violentes, abris détruits, interdiction de se poser quelque part.

 

Comment pouvons-nous, chacun, ouvrir nos yeux, nos cœurs, nos mains, pour rejeter nos propres peurs et devenir des citoyens humanitaires ?

“ L’obstacle est dans l’endurcissement des cœurs. ”

Entendre et faire entendre leurs voix, 

ressentir leurs impasses, demande de répondre de toute sa conscience, d’aller vers ces personnes en détresse malgré leurs incessantes dispersions, de vouloir leur tendre la main, d’offrir son temps et son aide… Quitte à subir avec eux les harcèlements, les intimidations et bien des impuissances.

Agir et non parler,

vaincre les barrières des peurs entretenues, résister au nom de la dignité de notre humanité commune, entrer dans les attentes des démunis et des rejetés, lutter contre la désinformation et les trafics des passeurs, protéger les femmes et les enfants de toute forme de ‘traite’, consentir à assister avec un élan désintéressé et fraternel… Voilà l’effort de justesse et de justice des citoyens " humanitaires ".

Leur fragilité fait écho à la nôtre. Nous sommes certes différents mais si ressemblants ! Nous avons tous un corps, marqué par nos manques et nos besoins, nos faims et nos soifs, nos désirs, projets ou rêves. Ne désirons-nous pas tous l’aide d’un samaritain se penchant sur nos peines, une auberge durable et un aubergiste bienveillant ? Comment offrir la " présence réelle "d’un proche, l’écoute ou la parole, le sourire… Comment offrir le geste d’un frère ou d’une sœur sur lequel pouvoir s’appuyer et marcher – ou marcher à nouveau – en confiance et liberté ?

La détermination persistante de ces hommes et femmes en exode qui, de frontière en frontière, cherchent justice et liberté, vie nouvelle à risquer et à refonder en quelque " terre promise ", nous touche. Ne plus survivre mais exister les pousse à risquer leurs vies sur des embarcations de fortune. Ils n’ont rien de conquérants. Ils désirent pouvoir partager leurs talents aux pays accueillants qui seraient soucieux, à leurs côtés, d’un avenir commun.

L’obstacle est dans l’endurcissement des cœurs, les peurs et défiances entretenues, dans le confort et le centrage sur soi-même, dans l’excès des normes de sécurité qui nous paralysent. Le droit à un traitement humain et intégral doit être défendu. Mais nombreuses aussi sont les ressources de générosité, solidarité, patience et disponibilité de nos concitoyens jeunes et moins jeunes.

 Maurice Joyeux, sj

Texte complet : PDF joint

Source : Réseau Mondiale de Prière du Pape

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