Se convertir pour une sobriété heureuse

17/02/2020

 

 

 

 

 

 

Le label « Église Verte » est un outil pour favoriser la « conversion écologique » des communautés chrétiennes.

Cette expression nous vient de Laudato si’ (LS), la « lettre » du pape François publiée en juin 2015 et dans laquelle il appelle tous les habitants de la terre à prendre soin de notre « maison commune ».

Si tout le monde est concerné par le défi écologique, les chrétiens le sont à double titre : en tant qu’êtres humains, bien sûr, dépendants des conditions de vie sur terre et responsables de les maintenir pour les générations à venir, mais aussi comme croyants, appelés à respecter la Création comme un don de Dieu. « Vivre la vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu (…) n’est pas quelque chose d’optionnel (...) dans l’expérience chrétienne » nous dit le pape (LS 217).

Le pape François insiste aussi sur le lien entre les défis sociaux et écologiques : les plus pauvres de notre société et du monde sont les plus affectés et les plus vulnérables face aux dégradations environnementales. C’est pourquoi l’engagement écologique, et la conversion de nos modes de vie, est aussi une exigence de l’amour du prochain. Le défi est très grand… et peut parfois nous décourager. Mais nous sommes invités à la foi : appelés à faire ce que nous pouvons pour réduire notre pression sur l’environnement, tout en étant sûr que Dieu continue de susciter – en nous et dans nos sociétés – des chemins nouveaux de sobriété et de solidarité.

Et, si Dieu nous invite à la conversion, c’est bien pour notre bonheur. Le pape François insiste sur le fait que la conversion écologique passe par une « sobriété heureuse ». Une sobriété qui nous libère du « consumérisme », cette tendance à consommer toujours plus d’objets et à nous déplacer toujours plus, qui finit par nous rendre esclaves.

Nous savons bien, pourtant, que le vrai bonheur est ailleurs, dans les relations, dans la gratuité, dans l’accueil de ce qui est donné, bien plus que dans la recherche constante de ce que nous n’avons pas.

Cependant, pour avancer sur ce chemin de conversion, nous avons besoin de nous épauler. C’est pourquoi une « conversion communautaire » est aussi importante (LS 219). La démarche « Église verte », vécue dans nos paroisses ou mouvements, nous permet de démultiplier nos actions, d’oser des projets plus ambitieux :

  • création d’un potager paroissial,
  • sensibilisation large,
  • isolation ou production d’énergies re-nouvelables,
  • mutualisation d’achats ou aliments éco-responsables,
  • ateliers de réparation...

Les actions individuelles sont absolument nécessaires mais ne suffiront pas : aussi, le label promeut-il finalement l’engagement des paroissiens avec d’autres acteurs locaux, associatifs ou citoyens, car « l’amour est aussi civil et politique » et nous pousse à réfléchir et agir avec d’autres (LS 231).

Hélène Noisette CERAS

 

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