Vieux, isolé et en situation de précarité

08/06/2022

À l’occasion d’un séminaire européen exceptionnel sur la précarité énergétique et alimentaire organisé début juin 2022 à Paris, par EAPN France, branche française du Réseau Européen de Lutte contre la Pauvreté, les Petits Frères des Pauvres prennent la parole. 

Ils témoignent des conditions de vie des personnes âgées avec les minima sociaux.

Le but : confronter les réponses apportées par leur gouvernement et l’Union Européenne sur les thèmes de la précarité énergétique et alimentaire pour lesquels l’UE a des leviers d’action. À ce titre, plusieurs personnes âgées suivies par l'équipe d'Accompagnement vers le Logement des Petits Frères des Pauvres de Paris Saint-Maur participent à l'évènement et prendront la parole. 

Pour les Petits Frères des Pauvres qui sont partenaires de l’évènement, il est essentiel de faire témoigner les personnes âgées sur leur quotidien, leurs conditions de vie en situation de précarité. 

Comme Michel, 71 ans, qui témoignait récemment dans une vidéo pour Brut, de nombreux retraités qui vivent sous le seuil de pauvreté (fixé à 1100 euros par mois) peinent à se nourrir correctement et à payer toutes leurs factures. « Vivre avec une petite retraite, c’est difficile. Quand je fais mes courses, il faut que je regarde tout en bas des rayons les produits les moins chers. Mais comme j’ai un problème de dos, je ne peux pas me baisser pour les attraper. Soit je m’en passe, soit je prends plus cher et je réduis mes achats. », déclarait-il à la caméra avant d’expliquer renoncer à certains plaisirs, se priver de repas… « Je réduis. Au lieu de manger deux repas, je mange un repas par jour. ». 

C’est aussi le cas d’André, 66 ans, qui vit aussi en dessous du seuil de pauvreté. « Avec une petite pension de retraite, c’est très difficile de vivre, on est toujours obligé de faire des choix. Pour pouvoir vivre décemment, il faut supprimer des petits plaisirs, les cigarettes si on fume, aller boire un verre, jouer au tiercé. On ne paye que les choses vitales comme le loyer et la nourriture et c’est comme ça qu’on arrive à s’en sortir. », révélait-il.

Pour Patricia, 60 ans, le quotidien est également fait de privations : « Avec ce reste à vivre, c’est compliqué. Il faut faire l’impasse sur beaucoup de choses. C’est le cas pour des produits de nécessité, qui à première vue ne semblent pas en être, mais qui le sont pourtant, notamment pour les femmes : il y a des femmes qui ont besoin de se maquiller, de s’entretenir la peau… Après, cela s’appelle le système D : les épiceries solidaires, les colis… tout ce qui peut m’éviter de dépenser de l’argent pour la nourriture. J’achète moins, mais de meilleure qualité. »

En France, 1 067 000 personnes âgées de 65 ans et plus vivent sous le seuil de pauvreté (Chiffres Insee 2018). Alors que la précarité est l’un des facteurs aggravants de l’isolement, les Petits Frères des Pauvres agissent pour briser l’isolement des plus démunis.

Source : Petits Frères des Pauvres

 

 

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